Var
Le petit feu nousplaist, et languir sur la roUe.
Les Feux. 191
En regardant en haut sauter quand on le pousse. Nos frères bien instruicts ont l'appel reffuzé , Et Le Brun, Dauphinois, doctement advisé , Quand il eut sa sentence avec plaisir ouye , Respondit qu'on l'avoit condamné à la vie (').
« Tien ton ame en tes mains : tout ce que les tyrans Prennent, n'est poinct la chose, ains seulement le temps : Que le nom de la mort autrement effroyable. Bien cogneu , bien pesé , nous devienne agréable. Heureux qui la cognoist! Or il faut qu'en ce lieu, Plain de contentement , je donne gloire à Dieu.
« 0 Dieu ! quand tu voudras cette charongne prendre. Par le Cousteau en pièce ou par le feu en cendre, Dispose , ô Eternel ; il n'y a nul tombeau , Qui à l'œil et au cœur ne soit beau s'il t'est beau. »
Il faisoit ces leçons , quand le geôlier l'appelle Pour recevoir sentence en la noire chappelle : L'œil de tous fut troublé, le sien en fut plus beau ; Ses yeux devindrent feu , ceux des autres de l'eau : Lors, serenant son front et le teint de sa face. Il rit à ses amis , pour à Dieu (2) les embrasse , Et à peu de loisir, redoubloit ce propos : « Amis , vous me voyez sur le seuil du repos : Ne pleurez pas mon heur : car la mort inhumaine, A qui vaincre la sçait ne tient plus rang de peine: La douleur n'est le mal, mais la cause pourquoy(i). Or, je voy qu'il est temps d'aller prouver par moy Les propos de ma bouche. Il est temps que je treuve En ce corps bien-heureux la pratique et l'espreuve. » Il vouloit dire plus : l'huissier le pressa tant Qu'il courut tout dispos vers la mort en sautant. Mais dès le seuil de l'huis le pauvre enfant advise L'honorable regard et la vieillesse grise De son père et son oncle à un posteau liez. Alors premièrement les sens furent ployez : L'œil si gay laisse en bas tomber sa triste veûe,