I . Je n'ai pu retrouver leurs noms
Avec luy s'estouffoit l'autre flame ravie,
Qui est l'ame de l'ame et l'esprit de la vie.
Ces grands cœurs ne voulans que l'ennemi ruzé
Par un siècle de guerre eust, plus fin, desguizé
En des combats de fer les combats de l'Eglise
Poussez du doigt de Dieu, ils firent entreprize
D'aller encor livrer un assaut hazardeux
Dans le nid de Satan (1) : mais de ces trois, les deux
Prescherent en secret, et la ruze ennemie
En secret estouffa leur martyre et leur vie.
Le tiers, après avoir essayé par le bruit
A cueillir sur leur cendre encore quelque fruict,
Rendit son coup public et publique sa peine.
Humains, qui prononcez une sentence humaine, Contre cette action, nommans témérité Ce que le Ciel despart de magnanimité.
Vous dites que ce lut un effort de manie De porter de si loin le thresor de sa vie. Aller jusques dans Rome, et aux yeux des Romains Attaquer l'Antéchrist, luy arracher des mains L'idole consacrée, aux pieds l'ayant foulée, Consacrer à son Dieu son ame consolée; Vous qui, sans passion, jugez les passions, Dont l'esprit tout de feu esprend nos motions, Lians le doigt de Dieu aux principes éthiques , Les tesmoignages saincts ne sont pas politiques Assez à vostre gré : vous ne cognoissez point Combien peut l'Esprit sainct , quand les esprits il Queblasmez-vousici N'entreprise bouillante, [poinct(2). Le progrez sans changer, ou la fin triomphante ? Est-ce entreprendre mal d'aller annoncer Dieu Du grand siège d'erreur au superbe milieu (1) ? Est ce mal avancé la chose encommencée De changer cinq cens lieux sans changer de pensée {^).'' Est-ce mal achever de piller tant de coeurs