C'est-à-dire au milieu du siège
Les Feux. 199
Dedans les seins tremblans des pasles spectateurs ? Nous avons veu les fruicts et ceux que cette escole Fit, en Rome, quitter et Rome et son idole. Ouy, mais c'est desespoir, avoir la liberté En ses mains et choisir une captivité.
Les trois enfans vivoient libres et à leur aise : Mais l'aise leur fut moins douce que la fournaise. On refusoit la mort à ces premiers chrestiens Qui recerchoient la mort sans fers et sans liens : Paul(i), mis en liberté d'un coup du ciel, refuse La douce liberté. Qui est-ce qui l'accuse ? Aprenez, cœurs transis, esprits lents, juges froids, A prendre loy d'enhaut, non y donner des loix : Admirez le secret que l'on ne peut comprendre : En loiiant Dieu, jettez des fleurs sur cette cendre.
Ce tesmoin endura du peuple esmeu les coups, Il fut laissé pour mort, non esmeu de courroux, Et puis voyant cercher des peines plus subtiles, Pour desguiser sa peine il dit : « Cerchez, Perilles 1 : Cerchez quelques tourmens longs et ingénieux. Le coup de l'Eternel n'en paroistra que mieux : Mon ame , contre qui la mort n'est gueres forte , Aime à la mettre bas de quelque brave sorte. » Sur un asne on le lie, et six torches en feu Le vont de rue en rue asséchant peu à peu. On brusie tout premier (2) et sa bouche et sa langue : A un des boutte-feux il fit cette harangue : « Tu n'auras pas l'esprit : Qui t'a, chetif, appris Que Dieu n'entendra point les voix de nos esprits ? » Les flambeaux traversoient les deux joues rosties Qu'on entendit : « Seigneur, pardonne à leurs folies : » Ils brusient son visage, ils luy crèvent les yeux, Pour chasser la pitié en le monstrant hideux : Le peuple s'y trompoit, mais le Ciel de sa place Ne contempla jamais une plus claire face : Jamais le paraais n'a ouvert ses thresors