LES FERS
,ieu retira ses yeux de la terre ennemie: La justice et la foy, la lumière et la vie J S'envolèrent au Ciel : des ténèbres l'espais Jouissoit de la terre et des hommes en paix. Comme un roy justicier quelques fois abandonne La royalle cité, siège de sa couronne, Pour, en faisant le tour de son royaume entier, Voir si ses vices-rois exercent leur mestier. Aux lieux plus eslongnez refréner la licence Que les peuples mutins prennent en son absence ; Puis, ayant parfourni sa visite et son tour, S'en rêva désiré en son premier séjour. Son Parlement, sa Cour, son Paris ordinaire A son heureux retour ne sçavent quelle chère Ne quels gestes mouvoir, pour au roy tesmoigner Que tout plaisir voulut avec luy s'eslongner, Tout plaisir retourner au retour de sa face. Ainsi (sans définir de l'Eternel la place. Mais comme il est permis aux tesmoignages saincts Comprendre le céleste aux termes des humains) Ce grand Roy de tous rois, ce Prince de tous princes, Tragiques. — !. J4
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Lassé de visiter ses rebelles provinces,
Se rassit en son throsne, et d'honneur couronné
Fit aux peuples du Ciel voir son chef rayonné.
Les célestes bourgeois, affamez de sa gloire,
Volent par milions à ce palais d'ivoire :
Les habitans du Ciel comparurent à l'œil
Du grand soleil du monde et de ce beau soleil :
Les Séraphins ravis le contemploient à veiie,
Les Chérubins couverts (ainsi que d'une nue)
L'adoroient soubs un voile : un chacun en son lieu,
Extatic(i), reluisoit de la face de Dieu,
Cet amas bien-heureux mesloit de sa présence
Clarté dessus clarté, puissance sur puissance :
Le haut pouvoir de Dieu sur tout pouvoir estoit,
Et son throsne eslevé sur les throsnes montoit.
Parmi les purs esprits survint l'esprit immonde, Quand Satan, haletant d'avoir tourné le monde Se glissa dans la presse : aussi tost l'œil divin De tant d'esprits bénins tria l'esprit malin. Il n'esbloùit de Dieu la clarté singulière Quoy qu'il fust desguisé en ange de lumière : Car sa force estoit belle, et ses yeux clairs et beaux. Leur fureur adoucie; il desguisoit ses peaux D'un voile pur et blanc de robes reluisantes : Sur ses reins retroussez les pennes (2) blanchissantes En elles se croisoient sur l'eschine en repos : Ainsi que ses habits il farda ses propos. Et composoit encor sa contenance douce Quand Dieu l'empoigne au bras, le tire, se courouce, Le sépare de tous et l'interroge ainsi : (c D'où viens-tu , faux Satan ? que viens-tu faire icy ? » Lors le trompeur trompé d'asseuré devint blesme, L'enchanteur se trouva desenchanté luv-mesme , Son front se seillonna, ses cheveux hérissez. Ses deux yeux en la teste horribles, enfoncez (3),