‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 171 sur 313 · I. Les forces sont · texte numérisé non relu

I. Les forces sont

. 2. Le cardinal Charles de Guise.

3. Le massacre de Vassy eut lieu le ler mars 1 562. Il y a de nombreuses relations de ce massacre , qui donna le signal des guerres civiles. Voy. de Thou ,1. 2g ; Castelnau , Crespin, Davila , etc., etc., et surtout Mémoires de Condé , t. ?. La Bibliothèque hist. de la France contient ft. 2, p. 259), sous les numéros 17,843-48, l'indication de diverses pièces relatives à cet événement.

Les Fers. 227

Au dos de l'Espagnol, recerchent pour victoires Les combats sans parti, recevansipour esbats Un monceau descoupé de testes et de bras : Et de peur que les voix tremblantes, lamentables, Ne tirent la pitié des cœurs impitoiables. Comme au taureau d'airain du subtil Phalaris, L'airain de la trompette oste l'air à leurs cris.

Après, se void encor une grand troupe armée Sur les agneaux de Dieu qui passe, envenimée, La vieillesse, l'enfant et les femmes au fd De leur acier trenchant : celuy est plus subtil. Le plus loué de tous qui, sans changer de face, Pousse le sang au vent avec meilleure grâce, Qui brise sans courroux la loi d'humanité. L'on void dedans le sein de l'enfant transporté Le poignard chaud qui sort des poulmons de la mère ; Le fils s'oppose au plomb, foudroyé pour le père, Donne l'ame pour l'ame, et ce trait d'amitié Des brutaux impiteux est mocqué sans pitié.

Et toy, Sens(i) insensé, tu appris à la Seine Premier à s'engraisser de la substance humaine, A faire sur les eaux un bastiment nouveau , Presser un pont de corps, les premiers cheus dans l'eau , Les autres sur ceux-Là. La Mort ingénieuse Froissoit de tests les tests; sa manière doubteuse Faisoit une dispute aux playes du martyr De l'eau qui veut entrer, du sang qui veut sortir.

Agen se monstre là, puante, environnée Des charongnes des siens, bien plustost estonnée De voir Pair pestiféré, empoisonné de morts, Qu'elle ne fut puante à estrangler les corps.

Cahors y représente une insolente audace D'un peuple desbauché, une nouvelle face Des ruisseaux cramoisis, la pasle Mort courant,

I. Voy., sur ces massacres des protestants en 1562, de Thou, 1. 29, 30 et 31; d'Aubigné, t. i, 1. 3,ch. i, p. 183 et suiv.

Qui crie à depescher son foible demeurant. Puis Satan , eschauffant la bestise civile (') A fouler soubs les pieds tout l'honneur de la ville, N'espargne le couteau sur ceux mesme des leur (2) Qui, malheureux, cuidoient modérer le malheur.

Mais du tableau de Tours (') la marque plus hideuse Effaçoit les premiers, auquel, impétueuse, Couroit la multitude aux brutes cruautez Dont les Scytes gelez feussent espouvantez. Là, de l'oeil tout-puissant brilla la claire veue, Pour remarquer la main et le couteau qui tue; C'est là qu'on voit tirer d'un temple des fau.x-bourgs Trois cens liez, mi-morts, affamez par trois jours, Puis délivrez ainsi, quand la bande bouchère Les assomma, couplez, au bord de la rivière; Là, les tragiques voix l'air sans pitié fendoient; Là, les enfans dans l'eau un escu se vendoient, Arrachez aux marchans, mouroient sans cognoissance De noms, erreurs et temps, marques et différence. Mais quel crime, avant vivre, ont-ils peu encourir? C'est assez pour mourir que de pouvoir mourir : Il faut faire gouster les coups de la tuerie A ceux qui n'avoient pas encor gousté la vie. Ainsi, bramans, tremblans, traînez dessus le port Du ffeuve et de leurs jours estalez à la mort, Ils avisoient percer les tetins de leurs mères, Embrassoient les genoux des tueurs de leurs pères; Leurs petits pieds fuyoient le sang, non plus les eaux; D'un nenny, d'un jamais, ils chantoient aux bourreau.x Que la verge, sans plus, supplice d'un tel aage. Les devoit anoblir (4) du sang et du carnage.

Page 1