‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 173 sur 313 · Dieu · texte numérisé non relu

Dieu

Nous voulions contraster du peuple les finesses, Nous enfans du royaume ; et Dieu mit nos sagesses Comme folie au vent; encor l'homme obstiné, Voyant tout ce qui est de l'homme condamné Et les effets du ciel loin de son espérance, Ne peut jamais tirer du mortel sa hance. 0 humains insensez ! o fols entendemens ! O décret bien certain des divins jugemens! »

Telle resta l'Eglise, aux sangliers eschappée, Que d'un champ tout foullé la face dissipée, Dont les riches espis tous meurs et jaunissans Languissent soubs les pieds des chevaux fracassans : Ou bien ceux que le vent et la foudre et la gresie Ont hachés à morceaux , paille et grain pesle-mesle. Rien ne se peut sauver du milieu des sellions (i): Mais bien quelques espics, levez des tourbillons Dans les buissons plus forts, soubs qui la vive guerre Que leur ont faict les vents les a fichez en terre. Ceux-ci, dessoubs l'abri de ces haliers espais, Prennent vie en la mort , en la guerre la paix , Se gardent au printemps, puis leurs branches dressées, Des tuteurs aubepins (2) rudement caressées, Font passer leurs espics par la fascheuse main Des buiçons ennemis, et parviennent en grain. La branche qui s'oppose au passer de leur testes Les fasche et les retient , mais les sauve des bestes. C'est ainsi que serons gardez des inhumains. Pour resemer l'Eglise encore quelques grains. Armez d'afflictions, grains que les mains divines Font naistre à la faveur des poignantes espines, Moisson de grand espoir : car c'est moisson de Dieu Qui la fera renaistre en son temps, en son lieu.

Jà les vives splendeurs de diversitez peintes Tiroient, à l'aprocher, les yeux des âmes sainctes;

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