‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 177 sur 313 · Nièce du cardinal Briçonnet. Elle se sauvoit , déguisée · texte numérisé non relu

Nièce du cardinal Briçonnet. Elle se sauvoit , déguisée

238 Les Tragiqjjes.

Hostesse à l'estranger, des pauvres aumonière. Garde de l'hospital, des prisons tresorière. Point ne t'a cet habit de nonnain garenti , D'un patin incarnat trahi et démenti :

Car Dieu n'aprouva pas que sa brebis d'eslite Devestit le mondain pour vestir l'hypocrite; Et quand il veut tirer du sépulcre les siens, Il ne veut rien de salle à conférer ses biens.

Mais qu'est-ce que je voi ? Un chef (1) qui s'entortille. Par les volans cheveux, autour d'une cheville Du pont tragique, un mort qui semble encore beau, Bien que pasle et transi demi caché en l'eau; Ses cheveux, arrestans le premier précipice, Lèvent le front en haut, qui demande justice. Non, ce n'est pas ce poinct que le corps suspendu, Par un sort bien conduict, a deux jours attendu; C'est un sein bien aymé qui traîne encor en vie Ce qu'attend l'autre sein pour chère compagnie. Aussi voy-je mener le mari condamné, Percé de trois poignards aussi tost qu'amené, Et puis poussé en bas , où sa moitié pendue Receut J'aide de luy qu'elle avoit attendue : Car ce corps en tombant des deux bras l'empoigna, Avec sa douce prise accouplé se baigna (2). Trois cens, précipitez droict en la mesme place, N'ayant peu recevoir ni donner cette grâce, Apren, homme de sang, et ne t'esforce point A dcs-unir les corps que le Ciel a conjoint.

en religieuse , quand elle fut reconnue à ses chaussures de velours rouge. D'Aubigné, t. 2, 1. i, ch. 4, p. J49; Crespin, fol. 708.

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