‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 178 sur 313 · Une tête · texte numérisé non relu

Une tête

2. Voy. cette histoire dans d'Aubigné, t. 2 , p. (52. Il s'agit d'une femme dont le cadavre, précipité dans la Seine, resta accroché par les cheveux à une cheville. Deux jours après, son mari , précipité dans le fleuve au même endroit , entraîna en tombant le corps de sa femme.

Les Fers. 239

Je voy le viel Rameau (r) à la fertile branche, Chappes (2), caducs, rougir leur perruque si blanche ; Briou, de pieté comme de poil tout blanc, Son vieil col embrassé par un prince du sang (5), Qui aux coups redoublez s'oppose en son enfance ; On le perce au travers de si foible deffence : C'estoit faire périr une nef dans le port, Desrober le mestier à l'aage et à la mort.

Or, cependant qu'ainsi par la ville on travaille. Le Louvre retentit, devint champ de bataille, Sert après d'eschafaut, quand fenestres, créneau.^ Et terrasses servoient à contempler les eaux , Si encores sont eaux. Les dames, mi-coiffées, A plaire à leurs mignons s'essayent eschaufîées. Remarquent les meurtris, les membres, les beautez, Bouffonnent sallement sur leurs infirmitez (4). A l'heure que le Ciel fume de sangetd'ames, Elles ne pleignent rien que les cheveux des dames; C'est à qui aura lieu à marquer de plus près Celles que l'on esgorge et que l'on jette après. Les unes qu'ils forçoient avec mortelles pointes D'elles mesmes tomber, pensant avoir esteintes Les âmes quand et quand que. Dieu, ne pouvant voir Le martyre forcé , prendroit pour desespoir Le cœur bien espérant. Nostre Sardanapale(J) Ridé, hideux, changeant, tantost feu, tantost pasle, Spectateur, par ses cris tous enrouez, servoit De trompette aux maraux ; le hasardeux avoit Armé son lasche corps ; sa valeur estonnée

1. Le célèbre philosophe et mathématicien P. de la Ramée, dit Ramus.

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