‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 179 sur 313 · Charles IX · texte numérisé non relu

Charles IX

240 Les Tragiqjjes.

Fut, au lieu de conseil, de putains entournée;

Ce roy, non juste roy, mais juste harquebusier,

Giboyoit aux passans trop tardifs à noyer,

Vantant ses coups heureux; il déteste, il renie.

Pour se faire vanter à telle compagnie.

On voyoit par l'orchestre en tragique saison

Des comiques Gnatons, des Tais, un Trazon (')•

La mère (2) avec son train hors du Louvre s'eslongne.

Veut jouir de ses fruits, estimer la besogne.

Une de son troupeau (;) trotte à cheval trahir

Ceux qui soubs son secret avoient pensé fuir.

En tel estât la cour, au jour d'esjouissance.

Se pourmène au travers des entrailles de France.

Cependant que Néron amusoit les Romains, Au théâtre et au cirque à des spectacles vains, Tels que ceux de Bayonne ou bien des Tuilleries, De BÎoys, de Bar-le-Duc, aux forts, aux mommeries, Aux ballets, carrousels, barrières et combats, De la guerre naissant les berceaux, les esbats, Il fit par boutte-feux Romme réduire en cendre ; Cet appétit brutal print plaisir à entendre Les hurlemens divers des peuples affolez, Rioit sur l'affligé, sur les cœurs désolez, En attisant tousjours la braise mi-esteinte Pour, sur les os cendreux, tyranniser sans craincte. Quand les feux, non son cœur, furent saouls de malheurs, Par les pleurs des martyrs il appaisa les pleurs Des Romains abusez ; car, des prisons remplies Arrachant les chrestiens, il immola leurs vies. Holocaustes nouveaux, pour offrir à ses Dieux

1. Thrason , soldat fanfaron, dans VEunuque de Térence. Sur Gnathon et Thaïs , voy. les notes des pages 78 et 79.

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