‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 201 sur 313 · I . Var · texte numérisé non relu

I . Var

L'Antéchrist et ses loups reprochent que leur eau i. L'offrancle.

Vengeances, 269

Effrayez, abayoient au son de ses abois. Sa mort ne peut avoir de mort pour recompence : L'enfer n'eut point de morts à punir cette offence, Mais autant que de jours il sentit de trespas : Vif, il ne vescut point, mort, il ne mourut pas. Il s'enfuit effrayé, transi ('), tremblant et blesme, 11 fuit de tout le monde, il s'enfuit de soy-mesme. Les lieux plus asseurez luy estoyent des hazards, Lesfueilles, les rameaux et les fleurs des poignards, Les plumes de son lict des esguilies piquantes, Ses habits plus aisez des tenailles serrantes ; Son eau jus de ciguë, et son pain des poisons; Ses mains le menaçoient de fines trahisons : Tout image de mort, et le pis de sa rage C'est qu'il cerche la mort et n'en voit que l'image. De quelqu'autre Caïn il craignoit la fureur : Il fut sans compagnon et non pas sans frayeur. Il possedoit le monde et non une asseurance; Il estoit seul par tout, hors mis sa conscience. Et fut marqué au front, afin qu'en s'enfuiant .\ucun n'osast tuer ses maux en le tuant.

Meurtriers de vostre sang, appréhendez ce juge., Appréhendez aussi la fureur du déluge.

Superbes, éventés, tiercelets (2) de géants. Du monde espouvantaux(?), vous, braves de ce temps, Outrecuidez galans , ô fols à qui il semble Qu'en regardant le Ciel que le Ciel de vous tremble, Jadis voz compagnons, compagnons en orgueil, (Car vous estes moins forts), virent venir à l'œil Leur salaires des cieux : les cieux dont les ventailles (4) Sans se forcer, gaignoient tant de fortes batailles : Babilon, qui devoit mi-partir les hauts cieux,

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