Ventaille, ouverture du heaume, près de la bouche
270 Les Tragiqjjes.
Aller baiser la lune et se perdre des yeux Dans la voûte du ciel; Babel de qui les langues Firent en mesme jour tant de sottes harangues; Sa hauteur n'eust servi, ny les plus forts chasteaux Ni les cèdres gravis ('), ni les monts les plus hauts. L'eau vint, pas après pas, combattre leur stature, Va des pieds aux genoux, et puis à la ceinture. Le sein, enflé d'orgueil, souspire au submerger; Ses bras roides, meurtriers, se lassent de nager. Il ne reste sur l'eau que le visage blesme ; La mort entre dedans la bouche qui blasphème, Et ce pendant que l'eau s'enfle sur les enflez, En un petit troupeau les petits assemblez Se jouent sur la mort, pilotez par les anges; [ges. Quand les géants hurloyent, ne chantoient que loùan- [Disans, les mesmes flots qui, en exécutant La sentence du Ciel, s'en vont précipitant Les geans aux enfers, aux abysmes les noyent, Ceux-là qui aux bas lieux ces charongnes convoyent Sont les mesmes qui vont dans le haut se mesler, Mettre l'arche et les siens au suprême de l'air. Laissent la nue en bas, et si haut les attirent Qu'ils vont baiser le ciel, le ciel où ils aspirent.]
Dieu fit en son courroux pleuvoir des mesmes cieux. Comme un déluge d'eaux, un déluge de feux : Cet arsenal d'en haut , où logent de la guerre Les célestes outils, couvrit toute une terre D'artifices de feu, pour punir des humains Par le feu te plus net les péchez plus vilains. Un pays abruty, plain de crimes estranges, Vouloit, après tout droict, violer jusqu'aux anges ('): Ils pensoient souiller Dieu; ces hommes des-reiglez Pour un aveugle feu moururent aveuglez ; Contr'eux s'esmeut la terre encores non esmeiie, Si tost qu'elle eut appris sa leçon de la nue :