Voy. Juges, ch. 1, vers 6. et
ll(') les avoit couppez; j'ay laissé les vengeances Que ce doigt exerça par les foibles puissances Des femmes, des enfans, des vallets desreglez, Des Gedeons choisis, des Samsons aveuglez; Le desespoir d'Antioch (2) et sa prompte charongne. Mon vol impétueux d'un chaud aesir s'eslongne A la seconde Eglise , et laisse entre les mains Des saincts le jugement aux tesmoignages saincts(5)- Sortez , persécuteurs de l'Eglise première, Et marchez enchaînez au pied de la bannière De l'agneau triumphant; vos sourcils indomptez, Vos fronts, vos cœurs si durs, ces fières majestez, Du Sion de Juda honorent la mémoire, Traînez au charriot de l'immortelle gloire.
Hausse du bas enfer l'aigreur de tes accents. Hurle, en grinçant les dents, des enfans innocens Herode le boucher(4); lève ta main impure Vers le ciel , du profond de ta demeure obscure; Aujourd'huy, comme toy, les abusez tyrans Pour blesser l'Eternel massacrent ses enfants, Et sont imitateurs de ta forcenerie, Qui pensois ployer Dieu parmy la boucherie. Les cheveux arrachez, les effroyables cris Des mères qui pressoient à leur sein leurs petits, Ces petits bras liez aux gorges de leurs mères, Les tragiques horreurs et les raisons des pères. Les voix non encor voix, bramantes en tous lieux. Ne sonnoient la pitié dans les cœurs impiteux. Des tueurs résolus point ne furent ouyes Ces petites raisons qui demandoient leurs vies [mains, Ainsi qu'elles pouvoient : quand ils monstroient leurs Ces menottes monstroient par signe aux inhumains,