‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 208 sur 313 · Hérode le Grand · texte numérisé non relu

Hérode le Grand

Vengeances. 277

Cela (I) n'a point péché, cette main n'a ravie

Jamais nulle rançon et jamais nulle vie (2).

Mais ce cœur sans oreille et ce sein endurcy

Que la tendre pitié et que l'amer soucy (>)

N'avoientsceu transpercer, fut transpercé d'angoisses;

Ses cris, son hurlement, son soucy, ses adresses

Ne servirent de rien. Ces indomptez esprits,

Qui n'oyent point crier, en vain jettent des cris.

Il fit tuer son fils (4) et par luy fut esteinte

Sa noblesse, de peur qu'il ne mourût sans plainte.

Sa douleur fut sans pair. L'autre Herode, Antipas,

Après ses cruautez et avant son trespas

Souffrit l'exil, la honte, une crainte Caïne

La pauvreté, la fuite et la fureur divine,

Puis le tiers (S) triomphant, eslevé sur le haut D'un peuple adorateur et d un brave eschafaut Au poinct que l'on cria : 0 voix de Dieu, non d'homme ! Un gros de vers et poux l'attaque et le consomme. La terre qui eut honte esventa tous les creux Où elle avoit les vers; l'air lui creva les yeux; Luy-mesme se pourrit et sa peau fut changée En bestes, dont la chair de dessoubs fut mangée ; Et comme les démons d'un organe enroué Ont le sainct et sauveur par contraincte advoué, Cettuy-ci s'escria au fonds de ses misères : « Voicy celuy que Dieu vous adoriez nagueres. » Somme, au lieu de ce corps idolâtré de tous Demeurent ses habits un gros amas de poux,

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