‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 215 sur 313 · Ainsi que celui · texte numérisé non relu

Ainsi que celui

Vengeances. 289

Pour en persécuter les fiers (1) persécuteurs :

Qu'il voye le tableau d'un des inquisiteurs

De Merindol en feu. Sa barbarie extrême

Fut en horreur aux rois, aux persécuteurs mesme.

Il fut banny ; les vers suivirent son exil ,

Et ne peut inventer cet inventeur subtil

Armes pour empescher cette pefite armée

D'empoizonner tout l'air de puante fumée.

Ce chasseur deschassa ses compagnons au loin,

Si qu'un seul d'enterrer ce demi-mort eut soin,

Luy jetta un crochet et entraina le reste,

Des diables et des vers allumettes de peste.

En un trou : la terre eut horreiir de l'estoufïer,

Cette terre à regret fut son premier enfer.

Ce ver sentit les vers. La vengeance divine

N'employa seulement les vers sur la vermine.

Du-Prat(2) fut le gibier des mesmes animaux, Le ver qui l'esveilloit, qui luy contoit ses maux. Le ver qui de long-temps picquoit (3) sa conscience Produisit tant de vers qu'ils percèrent sa panse.

Voicy un ennemy de la gloire de Dieu Qui s'eslève en son rang, qui occupe ce lieu : L'Aubepin (4), qui premier, d'une ambition foie, Cuida fermer le cours à la vive parole. Et qui , bridant les dents par des baillons de bois , Aux mourans refusa le soûlas de la voix. Voyant en ses costez cette petite armée (!) Grouiller, l'ire de Dieu, en son corps animée. Choisit pour ses parrains les ongles de la faim.

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