‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 217 sur 313 · A leur tour · texte numérisé non relu

A leur tour

Vengeances. 291

Ce hastif à la mort se mourut peu à peu , Cet ardant au brusler fit espreuve du feu.

Pour un péché pareil, mesme peine évidente Brusia Pont-cher(i}, l'ardent chef de la chambre ar- L'ardeur de cettui-cy se vit venir à l'œil. [dente.

La mort entre le cœur et le bout de l'orteil Fit sept divers logis, et comme par tranchées Partage l'assiégé ; ses (2) jambes retranchées, Et ses cuisses après servirent de sept forts ; En repoussant la mort, il endura sept morts.

L'evesque Castelan!5), qui , d'une froideur lente, Cachoit un cœur bruslant de haine violente. Qui, sans colère , usoit de flammes et de fer. Qui, pour dix mille morts, n'eust daigné s'eschauffer, Ce fier doux en propos, cet humble de col roide, Jugeoit au feu si chaud d'une façon si froide : L'une moitié de luy se glaça de froideur, L'autre moitié fuma d'une mortelle ardeur.

Voyez quels justes poids, quelles justes balances Balancent dans les mains des célestes vengeances, Vengeances qui du ciel descendent à propos, Qui entendent du ciel , qui ouïrent les mots De l'imposteur Picard (4), duquel à la semonce, La mort courut soudain pour lui faire responce : « Viens, Mort, viens, prompte Mort(ce disoit l'effronté), Si j'ay rien prononcé que saincte vérité,

1. Etienne Poncher, archevêque de Tours de ijji à 1553. Voy. Crespin, fol. 423 verso; Apol. pour Herod., ch. 26; Hist. univ., t. i, p. 112.

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