‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 222 sur 313 · I. Glas · texte numérisé non relu

I. Glas

Tels jugemens sont-ils d'un esgaré cerveau A qui vos peintres font un ignorant bandeau ? Sont-ce là des arrests d'une femme (') qui roule Sans yeux, au gré des vents, sur l'inconstante boule:

Troubler tout l'univers pour ceux qui l'ont troublé ; D'un diable emplir le corps d'un esprit endiablé; A qui espère au mal arracher l'espérance , Aux pruaens contre Dieu la vie et la prudence; Oster la voix à ceux qui blasphemoient si fort ; S'ils adjuroient la mort leur envoyer la mort; Trancher ceux à morceaux qui detranchoient l'Eglise ; Aux exquis inventeurs donner la peine exquise ; Frapper les froids meschans d'une froide langueur ; Embrazer les ardens d'une bouillante ardeur; Brider ceux qui bridoient la louange divine; La vermine du puits estouffer de vermine; Rendre dedans le sang les sanglans submergez, Livrer le loup aux loups, le fol aux enragez; Pour celuy qui enfloit le cours d'une harangue Contre Dieu, l'estoufFer d'une enflure de langue?

J'ay craincte, mon lecteur, que tes esprits, lassez De mes tragiques sens, ayent dit : C'est assez ! Certes , ce seroit trop si nos amères plainctes Vous contoient des romans les charmeresses feintes. Je n'escris point à vous , enfans de vanité (2), Mais recevez de moy, enfans de vérité, Ainsi qu'en un faisseau les terreurs demi-vives , Testamens d'Antioch, repentances tardives. Le sçavoir prophané , les souspirs de Spera(5) Qui sentit ses forfaicts et s'en désespéra ;

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