‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 237 sur 313 · Var. : Eslevans · texte numérisé non relu

Var. : Eslevans

2. Ces vers si obscurs sont expliqués par un passage du Thrésor d'histoires admirables At Simon Goulart fart. Apparitions merveilleuses , t. i). L'auteur, citant les relations deplusieurs voyageurs, y raconte que tous les ans, le 2 j mars, près du Caire, on voit pendant trois jours sortir de terre « des corps enveloppés de leurs draps, à la façon antique, mais on ne les voit ni debout, ni marchant, ains seulement les bras ou les cuisses , ou autres parties du corps que vous pouvez

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Un trouppeau de chrestiens, pour prier amassé,

Fut en pièces taillé par les mains infidèles

Et rendit en ce lieu les âmes immortelles,

Qui , pour donner au corps gage de leurs amours,

Leur donne tous les ans leur présence trois jours (i).

Ainsi le Ciel d'accord uni à vostre mère :

Ces deux (fils de la Terre) en ce lieu veulent faire

Vostre leçon, daignans en ce poinct s'approcher

Pour un jour leur miracle à vos yeux reprocher.

Doncques chacun de vous, pauvres payens, contem- Par l'effort des raisons ou celuy de l'exemple, [pie, Ce que jadis sentit le troupeau tant prisé Des escrits où Nature avoit thésaurisé:

Bien que du sens la taye eust occupé leur veue, Qu'il y ait tousjours eu le voile de la nue Entr'eux et le soleil, leur manque, leur défaut Vous face désirer de vous lever plus haut : Haussez-vous sur les monts que le soleil redore. Et vous prendrez plaisir de voir plus haut encore. Ces hauts monts que je dis sont prophètes, qui font Demeure sur les lieux où les nuages sont. C'est le cayer sacré, le palais des lumières, Les sciences, les arts ne sont que chambrières. Suyvez, aymez Sara, si vous avez dessein D'estre fils d'Abraham , retirez en son sein : Là les corps des humains et les âmes humaines, Unis au grand triompheaussi bien comme aux peines(2), Se rejoindront ensemble et prendront en ce lieu Dans leur frons honorez l'image du grand Dieu.

toudier. » Un orfèvre, nommé Estienne Duplais, lui affirma en avoir été témoin oculaire avec quatorze autres chrétiens. Il lui dit même que, comme « il vouloit se saisir d'une teste chevelue d'enfant , un homme du Caire s'escria tout haut ; Kali, kûli , anté matarafde , c'est -à-dire : laisse, laisse, lu ne sçais que c'est de cela. »

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