Var
Au grand triumphe unis comme ils furent aux peines.
Jugement. 521
Resjouyssez-vous donc , ô vous , âmes célestes ! Car vous vous referez de vos piteuses restes : Resjouyssez-vous donc, ô corps ensevelis (') ! Heureux, vous reprendrez vos plus heureux esprits. Vous voulustes, esprits, et le ciel et l'air fendre Pour aux corps préparez du haut du ciel descendre; Vous les cerchastes lors ; ore ils vous cercheront ; Ces corps par vous aimez encor vous aymeront. Vous vous fistes mortels pour vos pauvres femelles, Elles s'en vont pour vous et par vous immortelles.
Mais quoy! c'est trop chante, il faut tourner les yeux, Esblouys de rayons, dans le chemin des cieux. C'est fait : Dieu vient régner ; de toute prophétie Se void la période à ce poinct accomplie. La terre ouvre son sein ; du ventre des tombeaux Naissent des enterrez les visages nouveaux : Du pré , du bois, du champ, presque de toutes places, Sortent les corps nouveaux et les nouvelles faces. Icy les fondemens des chasteaux rehaussez Par les ressuscitans promptement sont percez; Icy un arbre sent des bras de sa racine Grouiller un chef vivant, sortir une poictrine ; Là l'eau trouble bouillonne, et puis, s'esparpillant , Sent en soy des cheveux et un chef s'esveillant. Comme un nageur venant du profond de son plonge, Tous sortent de la mort comme l'on sort d'un songe. Les corps par les tyrans autresfois deschirez Se sont en un moment en leurs corps asserrez, Bien qu'un bras ait vogué par la mer escumeuse. De l'Afrique bruslée en Tyle (2) froiduleuse, Les cendres des bruslez volent de toutes parts; Les brins, plus tostunis qu'ils ne furent espars, Viennent à leur posteau en cette heureuse place, Rians au ciel riant d'une agréable audace. [Le curieux s'enquiert si le vieux et l'enfant