I. En insultant. — 2. Scelle
46 Les Tragiqjjes.
V'ous en voyez l'espreuve au champ de Moncontour(').
Héréditairement ils ont, depuis ce jour,
La rage naturelle, et leur race, ennyvrée
Du sang des vrais François, se sent de la curée.
Pourquoy, chiens, auriés-vous, en cette aspre saison, (Nez sans raison) gardé aux hommes la raison, Quand Nature sans loy, folle, se desnature; Quand Nature, mourant, despouille sa figure; Quand les humains, privez de tous autres moyens, Assiégez, ont mangé leurs plus fidelles chiens; Quand sur les chevaux morts on donne des batailles, A partir(2) le butin des puantes entrailles? Mesme aux chevaux péris de farcin et de faim On a veu labourer les ongles de l'humain , Pour cercher dans les os et la peau consumée Ce qu'oublioit la faim et la mort affamée.
Cet' horreur que tout œil en lisant a douté. Dont nos sens dementoyent la vraie antiquité , Cette rage s'est veue , et les mères non-mères Nous ont de leurs forfaicts pour tesmoings oculaires. C'est en ces sièges lents, ces sièges sans pitié. Que des seins plus aimants s'envole l'amitié. La mère du berceau son cher enfant deslie; L'enfant, qu'on desbandoit autres-fois pour sa vie. Se desveloppe ici par les barbares doigts Qui s'en vont dcstacher de nature les Foix; La mère deffaisant, pitoyable et farousche. Les liens de pitié avec ceux de sa couche. Les entrailles d'amour, les filets de son flanc. Les intestins brusians par les tressauts du sang , Le sens, l'humanité, le cœur esmeu qui tremble, Tout cela se destord et se desmesle ensemble. L'enfant, qui pense encor' aller tirer en vain Les peaux de la mamrnelle , a les yeux sur la main