‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 47 sur 313 · Où les protestants furent défaits, le 5 octobre i J · texte numérisé non relu

Où les protestants furent défaits, le 5 octobre i J

2. Partager, Atpartiri. Ce mot est resté dans le vieux dicton: Avoir maille à partir.

Misères. 47

Qui deffaict les cimois('); cette bouche affamée ,

Triste, soubs-rit aux tours de la main bien-aimée :

Cette main s'emploioit pour la vie autres-fois ,

Maintenant à la mort elle emploie ses doits,

La mort, qui d'un costé se présente effroyable,

La faim, de l'autre bout, bourrelle impitoyable.

La mère, ayant long-temps combatu dans son cœur

Le feu de la pitié, de la faim la fureur,

Convoite dans son sein la créature aimée,

Et dict à son enfant (moins mère qu'affamée) :

« Rends , misérable, rends le corps que je t'ay faict '

Ton sang retournera où tu as pris le laict ;

Au sein qui t'allaictoit r'entre contre nature ;

Ce sein, qui t'a nourri, sera ta sépulture! »

La main tremble en tirant le funeste couteau

Quand, pour sacrifier de son ventre l'agneau ,

Des poulces ell' estreind la gorge qui gazouille

Quelques mots sans accents , croyant qu'on la chatouille.

Sur l'effroyable coup le cœur se refroidit ,

Deux fois le fer eschappe à la main qui roidit;

Tout est troublé, confus, en l'ame qui se trouve

N'avoir plus rien de mère et avoir tout de louve;

De sa lèvre ternie il sort des feux ardents;

Elle n'appreste plus la bouche, mais les dents, '"

Et des baizers changés en avides morsures !

La faim achève tout de trois rudes blessures ;

Elle ouvre le passage au sang et aux esprits;

L'enfant change visage et ses ris en ses cris ;

Il pousse trois fumeaux(2), et, n'ayant plus de mère,

Mourant cerche des yeux les yeux de sa meurtrière(5).

On dit que le manger de Thyeste pareil Fil noircir et fuir et cacher le soleil. Suivrons-nous plus avant.? Voulons-nous voir le reste

Page 1