‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 55 sur 313 · Sylla · texte numérisé non relu

Sylla

Misères. 57

Envoient leurs esprits où ils sont adresez : Par neuf fois tu secoue , et hors de chaque poincte Neuf Démons conjurez descochent par contraincte. Quel antre caverneux, quel sablon, quel désert, QueTbois, au fond duquel le voyageur se perd, Est exempt de mal-heurs? Quel allié de France De ton breuvage amer n'a humé l'abondance? Car, diligente à nuire, ardente à recercher, La loingtaine province et l'esloigné clocher Par toy sont peints de rouge, et chacune personne A son meurtrier derrière avant qu'elle s'estonne(')- 0 qu'en Lybie Anthée, en Crette le taureau. Que les testes d'hidra, du noir sanglier la peau (2), Le lion nemean(3) et ce que cette fable Nous conte d'outrageux, tut au pris (4) supportable! Pharaon fut paisible, Antiochus piteux (s). Les Herodes plus doux, Cinna religieux:

On pouvoit supporter l'espreuve de Perille(6), Le Cousteau de César et la prison de Sylle; Et les feux de Néron ne furent point des feux, Près de ceux que vomit ce serpent monstrueux.

Ainsi en embrazant la France misérable.

Cette hidra renaissant ne s'abbat, ne s'accable Par veilles, par labeurs, par chemins, par ennuis; La chaleur des grands jours, ni les plus froides nuicts N'arrestent sa fureur, ne brident le courage De ce monstre porté des aisles de sa rage; La peste ne l'areste, ains(7) la peste la craint, Pource qu'un moindre mal un pire mal n'esteint.

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