Au moment où elle trouve
6o Les Tragiqjj es.
Le nombril frais-couppé à l'enfant avorté,
Le cœur d'un viel crapaut, le foie d'un dipsade('),
Les yeux d'un basilic, la dent d'un chien malade
Et la bave qu'il rend en contemplant les flots;
La queue du poisson, ancre des matelots,
Contre lequel en vain vent et voile s'essaie(2);
Le vierge parchemin, le palais de fresaie(?).
Tant d'estranges moyens tu recerches en vain ,
Tu en as de plus prompts en ta fatale main:
Car, quand dans un corps mort un Démon tu ingères ,
Tu le vas menaçant d'un fouet de vipères;
Il fait semblant de craindre, et, pour jouer son jeu.
Il s'approche, il refuse, il entre peu à peu,
Il touche le corps froid et puis il s'en esloigne.
Il feint avoir horreur de l'horrible charongne.
Ces feintes sont appas: leur maistre, leur seigneur.
Leur permet d'affronter, d'efficace d'erreur (4),
Tels esprits que le tien, par telles singeries.
Mais toi, qui par sur eux triomphes, seigneuriesfj), Use de ton pouvoir; tu peux bien triompher Sur eux, puis que tu es vivandière d'Enfer; Tu as plus de crédit et ta voix est plus forte Que tout ce qu'en secret de cent lieux on te porte; Va, commande aux daemons d'impérieuse voix, Reproche-leur tes coups, conte ce que tu vois, Monstre-leur le succès des ruses florentines , Tes meurtres, tes poisons, de France les ruines; Tant d'âmes, tant de corps, que tu leur fais avoir,