‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 65 sur 313 · On peut comparer cette tirade avec le chœur d'Esther · texte numérisé non relu

On peut comparer cette tirade avec le chœur d'Esther

Rois , chassez la calomnie.

Princes. 79

Ils entrent finement , ils sont subtils questeurs, Ils ne prennent aucun que celui qui se donne; A peine de leurs lacqs voi-je sauver personne; Mesmes en les fuyant nous en sommes deceus , Et, bien que repoussez, souvent ils sont receus. Mais en ce temps infect tant vaut la menterie. Et tant a pris de pied l'énorme flatterie, Que le flatteur, sans plus, est tenu pour ami. C'est crime envers les grands que flatter à demi(')- Et qui sont les flatteurs? Ceux qui portent les titres De conseillers d'Estat; ce ne sont plus belistres, Gnatons(2) du temps passé; en chaire les flatteurs Portent le front, la grâce et le nom de prescheurs; Le peuple ensorcelé, dans la chaire esmerveille(;) Ceux qui, au temps passé, chuchetoient à l'oreille, Si que, par fard nouveau, vrais prévaricateurs, Ils blasment les péchez desquels ils sont autheurs. Coulent le moucheron, et ont appris à rendre La louange cachée à l'ombre du reprendre. [D'une feinte rigueur, d'un courroux simulé. Donnent pointe d'aigreur au los(4) emmiellé. De tels coups son enfant la folle mère touche La cuisse de la main et les yeux de la bouche.] Un prescheur mercenaire, hypocrite effronté. De qui Sathan avoit le savoir acheté.

A-il pas tant cerché fleurs et couleurs nouvelles , Qu'il habille en martyr le bourreau des fidèles.'' Il nomme bel exemple une tragique horreur. Le massacre justice, un zèle la fureur ; Il plaint un roi sanglant (S), sur tout il le veut plaindre Qu'il ne pût en vivant assez d'ames esteindre ;

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