‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 67 sur 313 · Var · texte numérisé non relu

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L'injure, le desdain dont elle n'est faschde, Souffrant tout à plaisir, hormis d'estre cachée.

4. D'Aubigné raconte dans ses Mémoires (p. 145) qu'il fut condamné quatre fois à mort, et la dernière fois en 1625, peu de temps avant son mariage avec Renée Burlamachi.

Princes. 8i

La voici par la main , elle est marquée en sorte Qu'elle porte un cousteau pour celui qui la porte. [Que je sois ta victime, ô céleste beauté, Blanche fille du ciel, flambeau d'Eternité; Nul bon œil ne la void qui transi ne se pasme; Dans cette pasmoison s'eslève au ciel toute ame. L'enthusiasme apprend à mieux cognoistre et voir ; De bien voir le désir, du désir vient l'espoir, De l'espoir le dessein et du dessein les peines, Et la fin met à bien les peines incertaines.] Mais n'est-il question de perdre que le vent D'un vivre mal-heureux qui nous fasche souvent. Pour contenter l'esprit, rendre l'ame délivre Des bourreaux, des menteurs, qui se perdent pour vivre.'' Doi-je pour mes bastards tuer les miens, à fin De fuir de ma vie une honorable fin ? Parricides enfans, poursuivez ma misère.

L'honorable mal-heur ou l'heur de votre père; Mourons, et en mourant laissons languir tous ceux Qui, en flatant nos rois, achètent, mal-heureux. Les plaisirs de vingt ans d'une éternelle peine. Qu'ils assiègent ardents une oreille incertaine. Qu'ils chassent halletans ; leur curée et leur part Seront dire, promettre, et un double regard: Ces lasches serfs seront, au milieu des carnages Et des meurtres sanglants , troublez en leurs courages ; Les œuvresde leurs mains(quoi qu'ils soient impiteux} Feront dresser d'horreur et tomber leurs cheveux, Transis en leurs plaisirs. O que la playe est forte Qui mesm' empuantit le pourri qui la porte! Cependant, au milieu des massacres sanglants (Exercices et jeux aux desloyaux tyrans). Quand le peuple gémit soubs le faix tyrannique, Quand ce siècle n'est rien qu'une histoire tragique. Ce sont farces et jeux toutes leurs actions; Un ris sardonien peint leurs affections , Bizarr' habits et cœurs, les plaisants se desguisent, Enfarinez, noircis, et ces basteleurs disent : Tragiques. 6

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« Deschaussons le cothurne , et rions , car il faut Jetter ce sang tout frais hors de nostre eschaffaut, En prodiguant dessus mille fleurs espanchées, Pour cacher nostre meurtre à l'o-mbre des jonchées.» Mais ces fleurs sécheront, et le sang recelé Sera puant au nez, non aux yeux révélé. Les aelices des grands s'envolent en fumée, Et leurs forfaicts marquez teignent leur renommée.

Ainsi, lasches flatteurs, âmes qui vous ployez En tant de vents, de voix, que siffler vous oyez; O ploiables esprits! ô consciences molles. Téméraires jouets du vent et des paroiles ! [coeurs ; Vostre sang n'est point sang, vos cœurs ne sont point Mesme il n'y a point d'ame en l'ame des flatteurs : Car leur sang ne court pas, duquel la vive source Ne bransle pas pour soi , de soi ne prend sa course ; Et ces cœurs , non vrais cœurs , ces désirs , non désirs , Ont au plaisir d'autrui l'aboi de leurs plaisirs. Vous estes fils de serfs , et vos testes tondues Vous font ressouvenir de vos mères vendues . Mais quelle ame auriez-vous? Ce cinquiesme élément Meut de soi, meut autruy, source du mouvement; Et vostre ame, flatteurs, serfve de vostre oreille Et de vostre œuil, vous meut d'inconstance pareille Que le caméléon : ainsi faut-il souvent Que ces caméléons ne vivent que de vent.

Mais ce trop sot mestier n'est que la théorique De l'autre qui apporte après soi la practique; Un nouveau changement, un office nouveau, D'un flatteur idiot faict un fin macquereau. Nos anciens, amateurs de la franche justice, Avoient de fascheux noms nommé l'horrible vice: Ils appelloient brigand ce qu'on dit entre nous Homme qui s'accommode ('), et ce nom est plus doux , Ils tenoient pour larron un qui faict son mesnage, Pour poltron un finet(7; q-ui prend son advantage;

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