I. Libres. — 2. Laisserons
Princes. 97
Se polluant moins libre au plaisir de son maistre 11 n'est plus agréable, et tel ne sçauroit estre. Nos rois ont appris à machiaveliser, Au temps et à î'Estat leur ame déguiser, Ploians la pieté au joug de leur service Gardans(i) religion pour ame de police.
O quel mal-heur au ciel, vengeance du destin, Donne des rois enfans et qui mangent matin (2)! 0 quel phénix du ciel est un prince bien sage. De qui l'œil gracieux n'a forcené de rage ! Qui n'a point soif de sang, de qui la cruauté N'a d'autrui la fureur par le sceptre hérité! Qui, philosophe et roi, règne par la science. Et n'est fait impuissant par sa grande puissance ! Ceux-là régnent vraiment, ceux-là sont de vrais rois Qui sur leurs passions establissent des lois , Qui régnent sur eux-mesme, et d'une ame constante , Domptent l'ambition volage et impuissante : Non les hermaphrodits (monstres effeminez)(?), Corrompus, bourdeliers(4), et qui estoient mieux nez Pour valets de putains que seigneurs sur les hommes : Non les monstres du siècle et du temps oij nous som- Non pas ceux qui sous l'or, sous le pourpre roial, [mes : Couvent la lascheté, un penser desloial, La trahison des bons, un mespris de la charge Que sur le dos d'un roi un bon peuple descharge : Non ceux qui souffrent bien les femmes avoir l'œil Sur la saincte police et sur le sainct conseil , Sur les faicts de la guerre et sur la paix esmeiie De plus de changemens que de vents une niie;