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Bourdelier, qui tient un bordel

Tragiques. — 1. 7

98 Les TRAGIQ.UES,

Cependant que nos rois doublement desguisez,

Escument une rue en courant , attizez

A crocheter l'honneur d'une innocente fille,

Ou se faire estalons des bourdeaux de la ville.

Au sortir des palais (') le peuple ruiné

A ondes se prosterne, et le pauvre, estonné.

Coule honteusement, quand les plaisans renversent

Lesfoibles à genoux, qui, sans profiter, versent

Leurs larmes en leur sein, quand l'amas arrangé

Des gardes impiteux afflige l'affligé.

En autant de mal-heurs qu'un peuple misérable Traisnc une triste vie en un temps lamentable, En autant de plaisirs les rois voluptueux, Yvres d'ire et de sang, nagent, luxurieux, Sur le sein des putains, et ce vice vulgaire Commence désormais par l'usage à desplaire : Et comme le péché, qui le plus commun est, Sent par trop sa vertu, aux vicieux desplaist : Le prince est trop atteint de fascheuse sagesse Qui n'est que le ruffien d'une salle princesse : Il n'est pas gallant homme et n'en sçait pas assez, S'il n'a tous les bordeaux de la Cour tracassez: Il est compté pour sot s'il eschappe quelqu'une Qu'il n'ait jà mesprisée (2) pour estre trop commune. Mais pour avoir en Cour un renom grand et beau, De son propre valet faut estre macqucreau , Esprouver toute chose, et bazardant le reste, Imitant le premier, commettre double inceste. Nul règne ne sera pour heureux estimé Que son prince ne soit moins craint et plus aimé : Nul règne pour durer ne s'estime et se conte S'il a prestres sans crainte et les femmes sans honte ; S'il n'a loy sans faveur, un roy sans compagnons, Conseil sans estranger, cabinet sans mignons.

« Ha ! Sarmates rasez (;), vous qui, estans sans rois,

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