‹ Les tragiques. Livre premier. MisèresChapitre 61 sur 74 · Costez, partis. Cf. v. 160; et IV, 203, F'ers · texte numérisé non relu

Costez, partis. Cf. v. 160; et IV, 203, F'ers

Ainsi les deux cosftez heurte et fuit à la fois ‘vis: trous lee, yvre de sang françois.

— Sur l'attitude de Catherine à l'égard des protestants, cf. Hist. univ., 1, 321-324. . °

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MISEÈRES. 91

---Pleust à Dieu, Jesabel, que tu euss’ à Florence

Laissé tes trahisons, en laissant ton païs.

Que tu n'eusse les grands des deux costez trahis

Pour regner au milieu, et que ton entreprise

N’eust ruiné le noble et le peuple et l'Eglise!

Cinq cens mille soldats n’eussent crevé, poudreux,

Sur le champ maternel, et ne fust avec eux

Lä noblesse faillie et la force faillie

De France, que tu as faict gibier d'Italie.

Ton fils eust eschappé ta secrette poison,

Si ton sang t'eust esté plus que ta trahison.

En fin pour assouvir ton esprit et ta véuéë,

Tu vois le feu qui brusle et le cousteau qui tuë.

Tu as veu à ton gré deux camps de deux costez, /Tous deux pour toy, tous deux à ton gré tourmentez,

À) Tous deux François, tous deux ennemis de la France,

lens dans executeurs de ton impatience, T

ous deux la pasle horreur du peuple ruiné,

758. Que tu euss' à — À. {| 766. Gibier d’— AB. || 767. — eust eschappé A. [| 771. Des deux costez T.

766. Gibier d'Italie. Emploi métaphorique du mot gibier, fréquent dans d'Aubigné. Cf. v. 798; et IV, 232, J'ers. : « F'aict gibier d'un cagot vilain porte-besace. »

767. Eschappé. Cf. Vaugelas, II, 19 : « Eschapper. Ce verbe a trois regimes differens pour une mesme signification, on dit eschapper d’un grand danger, et eschapper un grand danger, qui est plus elegant que l’autre, et l'on dit aussi, eschapper aux ennemis, eschapper aux embusches, qui est encore une fort belle façon de parler. » D'Aubigné offre de nombreux exemples de l’emploi actif de ce verbe : voir v. 817, 822 ; II, 63, Dev. des rois ; II, 213, Médit. — Secrette. Sur l'orthographe du féminin des adjectifs en et, qui demeure incertaine jusqu'au xvir1* 8. et la prédominance au xvi° s., de la graphie -ette, cf. Thurot, I, 82. — Poison. Généralement, féminin au seizième siècle, conformément à l'étymologie et à l'usage de l’ancienne langue qui survit encore aujourd'hui dans le peuple. Cf. IT, 159, Wédit. : « Les humains enyvrés de si fumeuse et amere poison. » Cependant on le trouve quelquefois masculin, même dans d'Aubigné, IV, 88, Princes :

On machine le meurtre et le poison de ceux Qui voudroient bien chasser les loups ingenieux.

768. Ta trehison. Entendez cette politique de ruse et d’hypocrisie, définie dans les v. 741-7359, et à laqueile le même mot est déjà appliqué, v. 99.

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