‹ Les tragiques. Livre premier. MisèresChapitre 63 sur 74 · Mouvant, inquiet et intrigant · texte numérisé non relu

Mouvant, inquiet et intrigant

784. Florentin convent. Quand éclata à Florence la révolution de 1527 contre

les Médicis, les rebelles gardèrent la jeune Catherine comme otage et la

confièrent successivement aux religieuses de Sainte-Lucie, puis de Sainte- Catherine de Sienne, et enfin aux Murates, chez qui elle demeura pendant presque toute la durée du siège que soutint Florence contre les troupes de l'empereur et du pape (1529-1530). Les dissensions politiques qui divisaient Florence n'épargnèrent point le couvent, et les nonnes prirent parti pour ou contre Catherine suivant leurs inclinationset l'exemple de leurs parents et amis. Voir de Reumont, La Jeunesse de Catherine de Médicis (traduction A. Baschot); H. de la Ferrière, Zntrod. à la correspond. de Cath. de Médicis ; Gio-Batista Bussini, Zettere a Benedetto Varchi sugli avvenimenti dell assedio di Firenze. — Convent. Cf. Vaugelas, IT, 283 : « Il faut escrire convent, qui vient de convenus, mais il faut prononcer couvent, comme si l'on mettoit un u, pour l'n apres l'o. » Cette forme savante convent, euregistrée par l’Académie, de 1694 à 1718, ne paraît pas, comme il résulte de ce témoignage de Vaugelas et d’autres, avoir jamais été admise dans l’usage vivant. Voir Thurot, I, 514.

793. Celle qui vid. Il s'agit d'Hécube. Voir la tragédio d'Euripide.

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Son païs par son fils, et, pour sçavoir son mal, Ne peût brider le cours de son mal-heur fatal. Or ne vueille le Ciel avoir jugé la France

À servir septante ans de gibier à Florence!

Ne vueille Dieu tenir pour plus long temps assis Sur nos Lis tant foulez le joug de Medicis!

Quoi que l'arrest du Ciel dessus nos chefs destine, eo

Toi, verge de courroux, impure Florentine, u

: . SR . vd. nu, Nos cicatrices sont ton plaisir et ton jeu; ve \,

Mais tu iras en fin comme la verge au feu, Quand au lict de la mort ton fils et tes plus proches Consoleront tes plaints de ris et de reproches,

798. Do gibier à — AR. || 800. Le joug de — A. || 802. Impure — A. —

-Impure Catherine T. || 805-809. A la place de ces cinq vers on !it ce vers

unique dans la première édition : Quand le courroux de Dieu prendra fin sur ta teste. |

797. Jugé.… à. Cf. v. 1219; IV, 232, l'ers : « À mort il jugea la famille de Dieu; » 1V,283, Jug. : -

L'Etcrnel jugera ct les corps et les ames, Les benits & {a gloire et les autres aux flanunes.

798. Septante ans. C'est sans doute une allusion à la captivité de Babylone qui dura soixante-dix ans.

/ 8023. Verge de courroux. Métaphore habituelle à d’Aubigné. Cf. v. 199 et

686. C'est un souvenir de la Bible. Cf. Jérémie, IIT, 1 : « Je suis l'homme 7 qui a vu la misère sous la verge de sa fureur. » £saïe, X,5,6; XI, 4, etc.

804. Verge au feu. L’explication de ce vers cst fournie par lc passage suivant, IV, 250, Veng. :

Quand le baston qui scrt pour attiser le feu Travaille à son mestier, il brusle peu à peu:

Il vient si noir, si court, qu'il n'v a pas de prise : On le jette en la braize, et un autre l'attise. Athalfa suivit le train de cette ey [Jézabel},

Elle attisa le feu et fut bruslée aussy.

Cf. v. 1283 ; IV, 280, Jug. ; IV, 342, Sonn. épigr.

805. Au lict de la mort. Cf. Brantôme, Œuvres, éd. Lalanne, VII, p. 40! : « Elle mourut à Bloys de tristesse qu'elle conceut du massacre qui so fist, et de la triste tragédie qui s’y joua, oct voyant que, sans y penser, elle avoit faict venir là les princes, pensant bien faire, ainsy que M. le cardinal de Bourbon luy dit : « Hélas! madame, vous nous avez tous

‘« menez à la boucherie sans y penser. » Cela luy toucha si fort au cœur, et

la mort de ces pauvres gens, qu'elle se remit dedans le lit, aiant esté paravant malade, et oncques plus n’en releva. »

806. Plaints. Malherbe proscrit ce mot, que Mlle: de Gournay défend,

Quand l’edifice haut des superbes Lorreins,

Maugré tes estançons t'accablera les reins,

Et, par toy eslevé, t'accrasera la teste.

Encor ris tu, sauvage et carnaciere beste,

Aux œuvres de tes mains, et n'as qu'un desplaisir,

Que le grand feu n’est pas si grand que ton desir :

Ne plaignant que le peu, tu t'esgaye ainsi comme

Neron l'impitoyable en voyant brusler Romme.

Neron laissoit en paix quelque petite part,

Quelque coin d'Italie esgaré à l’escart

Eschappoit ses fureurs; quelqu'un fuyoit de Sylle

Le glaive et le courroux en la guerre civile ;

Quelqu'un de Phalaris evitoit le Taureau, La rage de Cinna, de Cesar le couteau; Et (ce qu'on feint encor’ estrange entre les fables) Quelqu'un de Diomede eschappoit les estables : Le lion, le sanglier qu'Hercules mit à mort Plus loin que leur buisson: ne faisoyent point de tort; L'hydre assiegeoit Lerna, du Taureau la furie Couroit Candie, Anthee affligeoit la Lybie.

Mais toy qui au matin de tes cheveux espars Fais voile à ton faux chef branslant de toutes parts,

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