Mieux, le mieux. Cf. note sur le v
971. Aux meschans.. Aux méchants, ils se montrent tels qu'ils sont, et ne déguisent point (purs commandements) leurs ordres criminels; les bons, ils ont l’'habileté de les faire servir à leurs desseins, tout en leur laissant ignorer de quelle cause mauvaise ils sont les instruments.
973. La foi... La foi et la paix, si souvent violées, couvraient sous les traités d'accord, les desseins perfides des catholiques affolés (par la passion religieuse). Avant même d'engager les négociations pour conclure la paix, ils savaient déjà les moyens de la rompre, une fois conclue. Do cette mauvaise foi, nous avions un symbole dout l'expérience seule nous a donné l'explication.
977. Cela nous fut depeint.. Tout ce passage, d’abord très obscur, cesse de l'être, si l'on se rappelle la devise adoptée par Catherine de Médicis, après la mort d'Henri II. Cf. Brantôme, VII, p. 349 sqq. : « Elle prit ceste devise propre et convenable à son dueil et à ses pleurs, qui estoit une montagne de chaux vive, sur laquelle les gouttes d’eaue du ciel tumboient à foison; et disoient les mots tel en latin : Ardorem exstincta testantur vivere flamma. « Les gouttes d'eau et de larmes monstrent bien leur ardeur, encor que la flamme soit estaincte, » telle devise prenant son allégorie sur le naturel de la chaux vive, laquelle estant arousée d'eau brusle estrangement, et monstre son ardeur encor qu'elle ne face point
Que le mal-heur venu seul nous a pû apprendre, Les feux, di-je, celez dessous le pesant corps D'une souche amortie et qui, n'ayant dehors Poussé par millions tousjours ses estincelles, Sous la cendre trompeuse a ses flammes nouvelles. La traistresse Pandore apporta nos mal-heurs, Peignant sur son champ noir l’'enigme de nos pleurs, Marquant pour se mocquer sur ses tapisseries Les moyens de ravir et nos biens et nos vies, Mesme escrivant autour du iison de son cœur Qu'’apres la flamme esteinte encore vit l'ardeur. Tel fut l'autre moyen de nos rudes Miseres, L'Achitophel bandant les fils contre les peres ;
apparoir do flamme et qu'elle soit estaincte. Par ainsy nostre reyne monstrait son ardeur et son affection par ses larmes, encore que sa flamme, qui estoit le roy son mary, fust estaincte, qu'estoit autant à dire que, tout mort qu’il estoit, faisoit bien paroistre par ses larmes qu'elle ne le pouvoit oublier, et qu'elle l'aimoyt toujours... Or nostre reyne, autour sa devise que je viens de dire, y avoit faict mettre des trophées do mirouers cassez, d'esvantailz et pennaches rompus, des carquans brisez et ses pierreries et perles espandues par terre, les chesnes toutes en pièces ; le tout en signe de quitter toutes bombances mondaines puisque son mary estoit mort,
* duquel n'a jamais peu arrester le deuil. »
980. Souche.La description que d'Aubigné donne de la devise ne concorde pas exactement avec celle de Brantôme : celui-ci parle d'une montagne de
Chaux vive, et non d’une souche à demi consumée. D’Aubigné a sans doute
confondu la chaux ardente qu'on avait entendu figurer avec un brasier mal éteint. Nous avons sous les yeux la reproduction d’une médaille du temps, où est figurée la devise de Catherine : nous donnons cette reproduction en Appendice. On se convaincra que l'erreur de d’Aunigné s'explique facilement. Nous trouvons du reste pareille confusion dans le Dict. des devises hislor. et hérald. de Chassant et Tausin, I, p. 21 : « Ardorem exslincta, etc., et pour emblème des larmes tombant sur un brasier cendreux. — Devise de Catherine de Médicis, etc. »
986. Les moyens de ravir... C'est probablement une allusion à ces « trophées de mirouers cassez », à ces « carquans brisez », etc., dont parle Brantôme dans la description de cette devise. D'Aubigné interprète à sa façon : dans ces carquans, dans ces chesnes qui sont des bijoux et des ornements de femmes, il voit les instruments de supplice employés par Catherine contre les protestants et que, par une odieuse raillerie, elle aurait fait peindre sur ses armes.
989. Tel. Sur l'emploi de tel pour annoncer ce qui suit, cf. note sur le v. 65.
990. Achitophel, conseiller de David, qui soutint la révolte d'Absalon (II, Samuel, xxv-xx vit). Ce nom s'applique ici au cardinal de Lorraine.
Tel fut cett’ autre peste et l’autre mal-heureux, Perpetuel horreur à nos tristes neveux,
Ce Cardinal sanglant, couleur à point suivie Des desirs, des effects, et pareill’ à sa vie:
Il fut rouge de sang de ceux qui au cercueil Furent hors d’aage mis, tuez par son conseil; Et puis le cramoisi encores nous avise
Qu'il a dedans son sang trempé sa paillardise, Quand en mesme suject se fit le monstrueux Adultere, paillard, bougre et incestueux.
Il est exterminé ; sa mort espouvantable Fut des esprits noircis une guerre admirable.
EN