‹ Les Traitements Actuels du TabesChapitre 15 sur 42 · LAURE · texte numérisé non relu

LAURE

ni viande avancée, ni crustacés, manger beaucoup de légumes verts, de légumes secs en purée, des viandes bien cuites. Ni tabac, ni alcool.

Boire aux repas de l’eau d’Evian additionnée de 50 centigrammes de benzoate de lithine par bouteille. On peut, dix Jours par mois, boire du lait en mangeant comme boisson exclusive aux repas et deux fois par an, au printemps et à l’automne, prendre vingt-cinq bouteilles d’eau de Vittel (grande source), une bouteille tous les matins, par demiverres, de demi-heure en demi-heure, entre les deux déjeuners, en se promenant dans l'intervalle.

Vie extérieure au plein ajr, sans préoccupations morales. Pas de sédentarité. Exercices du corps. Assurer une selle quotidienne — tous les matins, friction sèche à la brosse ou massage de tout le corps; — chez certains, lotion froide rapide, suivie d’une friction et d’une promenade.

C’est, on le voit, un traitement qui n’a rien de spécial au tabes, mais qu’il est cependant d'importance capitale d’instituer chez les tabétiques, afin de modifier le terrain arthritique.

L’iode, sous une forme quelconque, reste avecles alcalins la base des médications antiarthritiques.

Les iodures de potassium ou de sodium seront donnés d’une manière continue, pendant une longue durée et à faible dose, 1 gramme par jour. Terssier les donne en lavement, à la dose ci-dessus indiquée, dans une infusion de valériane. « Je ne l'emploie (l’iodure) qu’à titre de résolutif général et comme laltérant de choix destiné à enrayer la production de la sclérose, qu’elle soit syphiltique, arthritique, saturnine, mercurielle ou alcoolique. »

Grasser, dans les cas où l’iodure est mal toléré, le remplace par la teinture d'iode, cinq ou six gouttes, deux fois par jour dans du lait, et pour faciliter la tolérance, il l’associe à quelques cachets de salol ou de benzonaphtol, ou de

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salol et de bicarbonate de soude (50 centigrammes par repas).

Leypex pense que le traitement ioduré agit contre la méningite chronique et calme les symptômes d’excitation et les douleurs névralgiques; c’est aussi l'opinion de Enr, qui donne comme indications au traitement ioduré les symptômes méningo-spinaux avec lésions cérébrales et les douleurs lancinantes vives des névrites périphériques ; maïs il indique Ja dose de 2 à 4 grammes par jour, bien supérieure à celle que préconisent Gnrasser et Teissier, et destinée à agir bien plus comme résolutif d’une lésion existante que comme modificateur du terrain.

CURES THERMALES. — Outre ces mesures diétético-hygiéniques, les tabétiques seront soumis à des cures thermales dont les bons effets sont indiscutables. Beaucoup de stations thermales agissent d’une façon générale sur l’organisme entier du tabétique, et nous mettons en doute la spécificité de certaines stations contre le tabes. Chez certains de nos malades, nous avons noté, après un simple séjour à la campagne, vie calme et repos, des améliorations presque aussi évidentes qu'après une saison dans telle station thermale réputée pour son efficacité contre le tabes.

Cependant nous admettons que les stations thermales dont les tabétiques pourront recevoir les bons effets sont nombreuses, parce que le nombre est grand des stations thermales efficaces contre larthritisme ou le nervosisme. C’est opinion qu’exprime Grasser quand il dit : « Lies eaux minérales sont un puissant adjuvant de la médication anti-arthritique. Je crois que à est la première indication des eaux'de La Malou dans le tabes. »

« Si ce sont [à les eaux dont j’ai mieux constaté les heureux effets dans le tabes, je suis loin de dire que ce sont les seules. Il y'a d’abord les eaux thermales à faible minéralisation comme Bagnères-de-Bigorre, Néris, Plombières ; puis

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toujours pour remplir lindication anti-arthritique, il y a les eaux sulfureuses comme Aix en Savoie, Luchon. Il y a aussi les eaux alcalines comme Vichy, Royat; les eaux diurétiques et éliminatrices comme Evian, Vittel, Contrexeville, ou enfin les eaux arsenicales comme La Bourboule. »

Citons encore, parmi les stations thermales ayant la réputation d’agir contre les symptômes tabétiques, Rehme, Dyn hausen, Tœplitz, Wildbad-Gastein, Mannheim, Kissingen, Aix-la-Chapelle, Ragatz.

En France, trois stations thermales sont surtout conseillées aux tabétiques; elles sont « le trépied de la balnéation antitabétique ». Nous empruntons à un excellent article de M. Becucow ce qui va suivre, sur la valeur et les indications de Néris, Balaruc et La Malou.

Balaruc ne doit être employé que lorsque les phénomènes douloureux sont nuls ou peu intenses, et dans le cas de scrofule (conclusions du D' Brousse).

Néris convient aux tabétiques à phénomènes douloureux : aux hyperesthésies, à l’éréthisme.

La Malou est indiqué dans le tabes rhumatismal, consécutif à la fatigue, à l’épuisement, aux excès — il convient aux ataxiques anémiés, à constitution appauvrie.

Indications tirées de l’état général. — Toutes ces eaux modifient la diathèse parallèlement à la maladie.

Chez les rhumatisants, Balaruc est contre-indiqué; il convient au contraire aux scrofuleux. Aucune indication spéciale west tirée de la syphilis.

Chez les nerveux, Balaruc est contre-indiqué. Les éréthiques, les nerveux, les agités retirent de Néris un calme profond.

La Malou est indiqué dans le cas de faiblesse irritable, quand le nervosisme est accompagné de dépression — dans

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les tabes conséeulifs à la fatigue, à l'épuisement génésique.

À Balaruc, les lymphatiques ctles scrofuleux.

À Néris, les agités, les névropathes.

A La Malou, les anémiques, les déprimés.

Indications tirées de l'état symptomatique. — Contre les troubles de la sensibilité, Balaruc est contre-indiqué. La Malou et Néris sont indiqués.

Contre les parésies vésicales, intestinales : Balaruc, La Malou.

Pour la constipation : Balarue.

L'excitation vénérienne indique Néris; l’affaiblissement, es pertes séminales: La Malou.

Les troubles tabétiques de la motilité sont les plus résis tants à l’action thermale. Les ataxiques paralytiques doivent être envoyés à Balaruc, les incoordonnés à La Malou.

Indications différentielles tirées des complications concomilitantes. — Balaruc est contre-indiqué chez les tabétiques cardiaques; les bains tempérés de La Malou et ceux de Néris refroidis sont indiqués.

Le mal perforant, lPatrophie musculaire sont justiciables de La Malou; le zona, les éruptions, de Néris; — les arthropalies de Balaruc.

Les tabétiques moralement et intellectuellement déprimés vont à La Malou.

Les troubles cérébraux profonds et la paralysie générale seront traités à Balaruc.

Modifications successives de l'indication différentielle, — Les changements symplomatiques peuvent déterminer des changements dans lindication thermale. La Malou a cet avantage que ce roulement peut s’effectuer sur place, grâce à la variété de ses sources et aux différences de leur température.

MÉDICAMENTS. — Nous devrions, pour que notre étude fût

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complète, passer en revue les médicaments donnés contre le tabes ; mais cette nomenclature n’aurait que peu d'intérêt, vu le nombre considérable de substances prescrites et l’inefficacité reconnue de la plupart d’entre elles. Nous allons cependant indiquer celles qui sont aujourd’hui encore employées et dont l’action semble avoir été, dans quelques cas, manifeste ; leur mode d’action, bien que peu élucidé, est généralement rapporté à une modification de la sclérose.

Mitrate d'argent. — Le nitrale d'argent, préconisé par WüNDERLICH, puis par Vurrian et Cnarcor, paraît avoir une action réelle chez certains tabéliques, mais n’a nullement l'action spécifique que lui avait d’abord attribuée Cuarcor. Suivant LEeypen, son action n’est pas démontrée; il est employé par Lépine, Bersez, Mayer, Er8, GRIESINGER, EULENBURG, STINTZING.

Il est donné par Ers, à la dose de 3 à 5 centigrammes. Ce traitement doit être prolongé pendant longtemps et un tabétique doit absorber 8 à 12 grammes de nitrate en 2 à 4 ans.

Grasser le considère comme un succédané de l’iode, et le prescrit quand il y a intolérance absolue pour les prépara” tions iodées ou que la tolérance est courte.

On peut associer le nitrate d'argent au chlorure de sodium, suivant la formule de Miaure :

Nirale d'argent: 51.4... 1 centigramme, Ghiorurerdesoditn te ere 4 a

Le nitrate d'argent est aujourd’hui généralement prescrit par milligrammes.

Rosengaux a employé les injections hypodermiqués de sels d'argent dans le tabes, suivant la formule de Jacorr:

Ë ; Chlorure d’argent........ DÉTOÉE 5 centigrammes. Hyposulfite de soude............. 3 —

Eau distillée. .... RON 0 0 CDD 10 grammes.

et, sur 11 cas, n’a noté qu’une seule amélioration ; cependant

il estime que ce traitement convient aux cas où il existe une analgésie récente et prononcée.

Chlorure d'or et de sodium. — Le chlorure d'or et de sodium pourrait remplacer le traitement mercuriel. BroweEr emploie, dans les cas où le tabes se développe lentement, le chlorure d’or et de sodium à la dose de 1/10 de grain (6,5 milligrammes) 3 fois par jour en le combinant avec la résine de gaïac 18 grains (1 gr. 16), soit en solution, soit en eapsule, ou en injections hypodermiques, s’il y a menace d’intolérance gastrique.

Ergot de seigle. — L’ergot de seigle a été employé par Carcor dans le traitement du tabes, à la dose de 25 centigrammes et même 30 centigrammes, matin et soir. Grasset fait remarquer les inconvénients qui peuvent résulter : action déprimante sur la moëlle, tendance aux gangrènes, et propose le rythme de 3 jours par semaine ou de 5 jours par

jours, en prescrivant 5 centigrammes et augmentant de 5 centigrammes par jour jusqu’à 15 ou 25 centigrammes.

L’ergot est indiqué dans les formes irritatives du tabes “(Levpen). On peut prescrire:

Ergotine difséez. cu. ee 1 gr. D à 2 grammes.

Extrait belladoné........, ARR 3 centigrammes. pour XXX pilules, trois par Jour.

ou encore :

SSI PES DIE NT Rs SC 3 centigrammes.

Seure lames ss ses ef 9 >

pour une pilule,

Ce médicament est sans action pour Es.

Le nitrate d'argent et l’ergot avaient, dans l'esprit des auteurs qui en ont vulgarisé l'emploi, une action spécifique sur le tabes ; il en fut de mème de l'électricité.

ÉLECTRICITÉ. — Conseiilée d’abord par Ducnenwe, elle fut préconisée en Allemagne par Mever et suscita l'enthousiasme

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de Remak, tandis que Mômrus lui refusait toute action curative.

On peut employer électricité statique avec une machine d’un haut potentiel, mais la faradisation lui est supérieure (BRowER).

Erg emploie la galvanisation du rachis et des nerfs périphériques, pendant 5 à 20 minutes.

Actuellement, on ne considère plus à l’électricité aucune action curative sur le tabes; elle reste cependant indiquée contre certains symptômes tabétiques :

La douleur: faradisation énergique, franklinisation, courant continu.

Les paralysies oculaires : faradisation.

Les troubles génito-urinaires: faradisation, brosse galvanique (Wirrowski, 3 cas, 3 améliorations).

Lés paresthésies, les anesthésies, les crises laryngées, les crises gastriques (Ere).

L’atrophie du nerf optique (Carrram) où le succès est d’autant plus marqué qu’on agit sur un nombre plus grand de fibres saines — la seule contre-indication est l'état trop avancé de l’atrophie —., la méthode de Weiss, qui dirige le courant suivant le sens de conduction des fibres, semble préférable. |

RÉVULSION. — 1l est encore une méthode qui, selon quelques-uns, agit sur les lésions mêmes du tabes: c’est la révulsion, Qu'il s'agisse de pointes de feu, de vésicatoires, de teinture d’iode, de moxas, etc., le mode d'action, mal élucidé, est le même. d

Les pointes de feu, le plus généralement employées, semblent surtout agir sur les phénomènes douloureux ; elles se font soit à l’endroit même où la douleur existe, soit au niveau du rachis. sé

Nous avons vu, dans un cas, céder aux pointesde feu pratiquées loco dolenti, des douleurs très vives siégeant à la

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région hépatique et contre lesquelles des pointes de feu pratiquées au niveau du rachis étaient restées sans action.

L'application systématique, une fois la semaine, d’une vingtaine de pointes de feu le long du rachis est pour quelques médecins l’une des parties du traitement du tabes.

A voirsillonné de cicatrices, le dos des tabétiques qui viennent demander à d’autres procédés une amélioration qu’ils n’ont point éprouvée, on peut douter de l'efficacité de la méthode. :

Il. — MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES SYMPTOMATIQUES

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