CHAPITRE PREMIER
Méthodes symptomatiques en général
Nous allons maintenant passer en revue les principaux moyens thérapeutiques dont nous disposons contre les symptômes tabétiques qui nécessitent une thérapeutique spéciale. Nous envisagerons séparément les moyens thérapeutiques dirigés contre les phénomènes douloureux. Nous insisterons spécialement sur la méthode de Frexkez, la suspension, l’élongation, que nous considérons comme une méthode thérapeutique de choix.
PHÉNOMÈNES DOULOUREUX. — L’abondance des médicaments proposés contre les phénomènes douloureux des tabétiques témoigne de leur peu d'efficacité et le médecin se trouve désarmé devant les supplications du malade qui le conjure de faire cesser ses horribles souffrances.
La morphine même n’agit quelquefois plus au bout d’un temps très court; elle n’agit pas contre certaines crises douloureuses. Cependant son efficacité doit être placée au-dessus de celle des autres analgésiques. Le danger pour le tabétique de devenir morphinomane paraît chose redoutable; aussi la majorité des médecins restreint-elle l'emploi de la morphine aux crises isolées et particulièrement douloureuses.
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Restent donc les autres analgésiques : Antifibrine (Ers. 0 gr. 50 cent. n° 4), phénacétine, antipyrine, exalgine, salipyrine, salicylate de soude, lactophénine, chloral, sulfonal, aconitine, extrait gras de cannabis, etc.
L'administration de ces différentes substances se fait à dose posologique. Rappelons que HirscaBerG a remarqué qu'une dose massive prise en une fois produit de meilleurs effets que la même dose prise en deux ou trois fois, même à intervalles rapprochés et que Enr insiste sur ce fait que les mé- langes donnent de meilleurs résultats que les médicaments pris isolément.
Le bleu de méthylène semblait, d’après les communications de LemonE, être un médicament de grande valeur contre les phénomènes douloureux. Sur 9 cas, cet auteur avait constaté 2 fois la cessation complète et 5 fois une diminution notable de la douleur ; les douleurs fulgurantes et en ceinture étaient celles qui cédaient le plus rapidement. Nous avons employé le bleu de méthylène dont l’action nous a paru en partie suggestive, étant donné son mode d'élimination particulier. Dans un cas sur dix, nous avons constaté une diminution de la douleur; [a valeur thérapeutique nous semble donc ètre faible.
Les crises gastriques ne sont améliorées que par la morphine (1). L’oxalate de cerium, préconisé par Simpson, semble avoir une action efficace. Osraxkow a vu les crises gastriques tomber de 200 à 3, sous l'influence de ce médicament.
À la dose de 5 à 15 centigrammes pour un eachet, quatre par jour, il abrège la durée des crises, en diminue le nombre, atténue les douleurs, fait disparaître les vomissements, permel l'alimentation.
Souvent l'apparition des crises gastriques est, chez le tabétique, sous la dépendance d’un mauvais état gastrique. En
(1) BourGurexoN, Thèse de Paris, 4895.
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relation fréquente avec des crises dyspepsiques qui, pour Hucuarp, sont de deux ordres : hyperchlorhydriques,anachlorhydriques.
Dans l’hyperpepsie : repos, œufs peu cuits, purées de légumes, pas de lait, pas de médicament.
Dans l’hypopepsie : bicarbonate de soude avant le repas, limonade chlorhydrique après le repas. Viande très cuite, œufs, légumes. |
Ces crises sont encore souvent liées à un mauvais état intestinal, contre lequel il faut agir afin de prévenir les crises, en assurant une selle quotidienne et en faisant de l'antisepsie intestinale.
Nousavons vu les indications des moyens externes : révulsion, électricité, massage,et celles des cures thermales contre les phénomènes douloureux.
TROUBLES OCULAIRES. — Ils sont justiciables des injections sous-cutanées de cyanure d’or, d'argent ou de platine.
I. Cyanure d’or et de potassium. ...,... 25 centigrammes. Eau distillée..... RON Deere .. 10 grammes.
IT. Cyanure de mercure...,...........,. 20 centigrammes, Batidisullées, 7," Fheneaes bars. QUEO STamimMes (GaLEzowsxi),
Six gouttes, en augmentant de une goutte jusqu'à XX ou XXX.
III. Peptonate mercuro-sodique 1/100... 10 grammes. 1/2 seringue de Pravaz.
PHÉNOMÈNES HYPOTONIQUES. — La strychnine parait, dans certains cas, avoir une action curative sur le tabes (cas de Scnuwrerr, mis en doute par Dana et Crarke); elle est indiquée lorsque les phénomènes hypotoniques dominent, surtout dans les troubles vésicaux; 2 à 10 en en injection hypodermique.
PHÉNOMÈNES SPASMODIQUES. — Tee trouve son indication dans les phénomènes spasmodiques : rétention d'urine, spasme de la glotte, ténesme anal.