CHAPITRE IV
Élongation
A côté de la suspension, qui n'utilise que le poids du corps pour produire l’allongement de la moëlle et des racines, se placent les procédés employant la flexion des cuisses sur le bassin ou celle de la colonne vertébrale pour produire un allongement vrai de la moëlle. On le voit, l'idée qui inspira ces différents procédés est la même et, à toutprendre,la différence qui sépare la suspension de l’élongation n’est pas aussi grande qu’elle paraît être tout d’abord.
Voici les méthodes qui réalisent la flexion des cuisses :
Méruope pe Convaz. — Le malade est couché sur le dos, les extrémités inférieures sont fléchies et un aide cherche à rapprocher les genoux de la tête.
Méraope pe Bonuzz. — Le malade, dans le décubitus dorsal, a la tête légèrement relevée,les jambes sont en extension sur les cuisses, les pieds sont saisis par un aide placé derrière le malade, et tirés en haut et en arrière, de façon à ramener dans une flexion maxima les genoux en contact avec les épaules. $
Méruope pe BLonpez (1). — Le sujet est couché sur son lit, une forte courroie à boucle, genre ceinture de taille, est passée derrière les épaules et de là sous les genoux ou sous les talons, selon sa corpulence et selon la longueur de ses jambes. On serre fortement et on maintient le sujet pendant cinq minutes chaque jour dans cette position, en lui permettant au besoin de se coucher sur le côté pour respirer plus à l'aise, On obtient par cette incurvation forcée une élongation
(1) Communication à la Société de thérapeutique, 20 mars 1895,
de l’axe rachidien dont Bonuzza à d’ailleurs fourni la preuve par des expériences directes sur le cadavre.
Ces trois méthodes tendent à obtenir l'élongation de la moëlle par la traction que produit sur elle celle des plexus lombaire et sacré. On conçoit donc que l'extension des jambes sur les cuisses soit une condition favorable et que les deux dernières méthodes soient préférables à la première. Cependant la flexion du rachis intervient aussi, mais à titre accessoire,dans la méthode de Bonuzzr, où un coussinetsoulève la partie supérieure du corps, etdans la méthode de Bconoer, où cettemême flexion est obtenue par la courroie des épaules.
A côté de ces méthodes,se rangent celles où l’élongation de la moëlle est réalisée par la flexion du rachis.
Méraone p’Hécar. — Le maladeest assis sur un plan rigide et le tronc est fléchi au maximum.
Méraone De MM. Giizes DE LA Tourerre et Cnipauir. — Elle est basée sur le même principe que celle d'Hécar. Grâce à un appareil spécial, la flexion du rachis est portée au maximum. Nous devons, au sujet de ce procédé, entrer dans quelques détails ; les résultats brillants qui lui sont acquis en font la méthode de choix du traitement du tabes, à part les quelques contre-indications qui limitent son emploi et que nous verrons ultérieurement.
Nous ne saurions mieux faire que de reproduire le compte rendu de la séance de l’Académie de Médecine du 27 avril 1897, date de la communication de MM. Grires DE LA TouRerTE et CHiPauLT.
La flexion du rachis produit un allongement vrai de la moëlle épinière et des racines, mesurable avec un centimètre souple ordinaire.
Nos premières expériences, exécutées sur des rachis vidés de leur contenu, nous avaient montré que la flexion du rachis faisait subir à la paroi antérieure de son canal un allongement considérable, portant principalement sur les vertè-
Fe