‹ Les Traitements Actuels du TabesChapitre 8 sur 42 · PERS · texte numérisé non relu

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quelques cas cependant il a une action favorable, probablement sur des syphilis surajoutées au tabes. »

Grasser (Congrès de Moscou) admet que le rôle étiologique de la syphilis peut se résumer en deux phases :

1° La syphilis est certainement l’élément étiologique le plus fréquemment noté chez le tabétique ;

2° La syphilis n’est que très rarement la cause unique du tabes, ce syndrome étant le plus souvent une résultante de causes multiples superposées.

De ce second principe découle cette proposition thérapeutique que le traitement spécifique n’a pas, dans le tabes, l'efficacité souveraine qu’il a contre les accidents d’origine et de nature syphilitiques. Du premier principe découle cette autre proposition thérapeutique, que, tout en n'étant pas spécifique et souverain, le traitement syphilitique doit rendre, dans certains cas, de considérables etincontestables services.

« Je n'ai jamais vu le traitement antisyphilitique faire du mal à un tabétique et je l’ai vu assez souvent faire quelque bien, »

La syphilis étant non le seul, mais un importantet souvent le plus important élément étiologique, le traitement antisyphilitique simplifiera les choses, en supprimant une cause.

Ce traitement pourra atténuer certains effets antérieurs de cette cause, et prévenir les effets ultérieurs de cette même cause.

De ces principes acceptés par la plupart des cliniciens, Grasser déduit les règles suivantes d'application pratique. On instituera le traitement spécifique dans le tabes, toutes les fois que la syphilis sera certaine dans les antécédents du sujet. Quand les traitements antérieurs auront été insuffisants, l’obligation de traiter est encore plus étroite.

On fera bien d’instituer le traitement, toutes les fois que la syphilis antérieure sera probable, ou même seulement pos-

sible. On ne s’abstiendra de tout essai thérapeutique dans ce sens que si l’on est absolument certain de l'absence de toute syphilis antérieure, et il est difficile d’avoir une certitude de ce genre, d’où la règle pratique, enseignée en fait par Grasser (à part quelques rares exceptions), que Pon doit toujours instituer le traitement spécifique chez un tabétique que lon voit pour la première fois, ou plutôt dont on est le premier médecin.

Le traitement institué dans ce cas sera toujours le traitement mixte, et, sauf intolérance constatée et persistante, 1l devra durer trois mois.

Grasser donne le choix aux frictions, pendant dix jours, suivis de dix jours de repos. Pendant les mêmes trois mois, il donne l’iodure à dose croissante de un à six et même huit grammes par jour.

Si, après ce traitement, il n’y a pas d'amélioration même légère, ni de temps d'arrêt, ilest inutile de continuer le traitement spécifique ou de le recommencer sous une autre forme.

Ene, dans une série de travaux, a formulé les règles d’application du traitement antisyphilitique. |

Pour lui (4), la syphilis est la cause du tabes, et, dans l’immense majorité des cas, le tabes est la conséquence de la syphilis. Quelle sorte d'accident syphilitique? c’est une queston qui n’est pas résolue, mais qui ne fait rien à la chose.

De ces notions découlent les règles thérapeutiques suivantes :

Il existe un traitement prophylactique du tabes, c’est le traitement antisyphilitique suivi longtemps et avec soin.

Le traitement doit être donné :

1° À tout tabétique ayant eu la syphilis.

2° À tout tabétique présentant des traces de syphilisfloride.

3° A tout tabétique ayant imparfaitement soigné sa syphilis.

(1) Env, Deutsche Zeicschrife fur Nervenkunde, 1897. XI, 260, 283.

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Le traitement est contre-indiqué (1) dans les cas de tabes très avancés — quand la syphilis est trop ancienne les tabétiques cachectiques et dyspeptiques.

Pour la forme du traitement, Ers se déclare partisan des frictions mercurielles continuées quarante à cinquante jours sans interruplion, associées à l’iodure de potassium.

Nous pensons, avec Ers et Grasser, que le traitement antisyphilitique doit être institué chez tout tabétique ayant eu la syphils.

chez

L'influence du traitement sur l’évolution des lésions nous a paru manifeste dans un certain nombre de cas.

Nous pensons que le traitement antisyphilitique possède une action beaucoup plus manifeste sur les lésions à venir que sur les lésions existantes, si l’on fait exception des troubles oculaires du début du tabes, troubles contre lesquels le traitement possède une action souveraine.

Le traitement antisyphilitique est donc un traitement préventif de choix, la preuve nous en est donnée par l’apparition de nouveaux troubles de la sensibilité coïncidant avec la suppression du traitement spécifique, comme on en trouvera plusieurs exemples dans nos observations.

La forme de traitement généralement adoptée est la forme mixte, iodure et mercure.

Les injections hypodermiques sont employées en Amérique, alors qu'en Europe on donne la préférence aux frictions.

Nous prescrivons, à nos malades, les frictions, pendant une durée intermédiaire à celles qu'indiquent Grasser et Eng: Vingt jours par mois, suivis de dix jours de repos.

Le traitement doit être continué deux ou trois mois; une étude attentive de la manière d’être des troubles tabétiques

(1) Rev. de Thérapeutique médico-chirurgicale, et Deutsche medicin. Zeitung, mars 1897,

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permet alors de le supprimer pendant quelques mois, mais on doit examiner le malade assez fréquemment pour lui faire reprendre les frictions dès que son état en fournit l’indication.

L'action curative du traitement antisyphilitique dans le tabes, bien que prouvée par quelques observations, doit être

rare.

Doit-on admettre que les malades qui ont soigneusement

traité leur syphilis deviennent plus rarement tabétiques que ceux qui ont insuffisamment soigné leur syphilis? C'est l’opinion de Ers, qui nous parait rationnellement

devoir être admise.

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