‹ Les Traitements Chirurgicaux Dans Les Mégacôlons De L'EnfanceChapitre 14 sur 59 · AISNE · texte numérisé non relu

AISNE

des cas, est accolé à la paroi sur presque toute sa hauteur. On arrive enfin au côlon sigmoïdien qui occupe une place particulière. En effet son méso très mobile est libre ; 1l est lui-même très long et à cause de l’exiguité de la cavité pelvienne chez le nouveau-né, il reste en partie au-dessus du petit bassin. On peut donc lui décrire à cause de cette disposition deux portions : une abdominale formant une anse à concavité inférieure ; une autre intra-pelvienne beaucoup plus courte qui se porte vers la face antérieure du sacrum où elle se continue avec le rectum. Le côlon pelvien se con: tinue en effet avec le rectum qui est fixe. L’abouchement se fait sous un angle aigu. Il existe donc à ce niveau une plicature, quelquefois marquée à l’intérieur de la lumière intestinale par un repli valvulaire muqueux : c’est la plicature pelvi-rectale ou sphincter pelvi-rectal de certains auteurs dont l’importance est considérable dans la pathogénie du mégacôlon.

Chez l'adulte, l’évolution du gros intestin est terminée et la situation du cadre colique se présente à peu près de la façon suivante : à droite dans la fosse iliaque le cæcum qui est libre, puis le côlon ascendant fixé, l’angle droit peu mobile ; l'angle gauche est plus haut situé, beaucoup plus postérieur, très solidement fixé ; entre les deux se trouve le transverse peu mobile à droite, très mobile à gauche ; le côlon descendant quicommence après l'angle gauche descend verticalement, ilesi peu libre ; enfin le côlon sigmoïde, dont la position normale est dans Le petit bassin, mais qui décrit souvent une boucle abdominale, ne dépassant jamais cependant la hauteur des crêtes illaques ; puis vient le rectum.

De cet aspect de tout le côlon chez l’adulte, donné grossomodo, nous ne retiendrons que le dernier fait important : le côlon sigmoïde ne dépasse pas les crêtes iliaques. Or nous avons vu tout à l’heure dans la description que nous en avons

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donnée, qu’il présente chez le nouveau-né une première portion abdominale. On doit naturellement en conclure que l’évolution du côlon n’est pas encore terminée à la naissance et que ce n’est qu’au cours de la première et surtout de la deuxième enfance que l’on voit apparaître le type de l'adulte.

GuerrarD dans sa thèse a très bien étudié la question ; il a constaté que le gros intestin présente depuis la naissance de rapides modifications morphologiques toujours en rapport avec l’âge. Pour les étudier 1l a examiné radiologiquement 100 enfants indemnes de troubles intestinaux, de 8 mois à 15 ans. Pour ces examens il s’est servi surtout du lavement opaque et 1l a conclu que :

— de 8 mois à 2 ans : le type se rapproche beaucoup de celui du nouveau-né, c’est-à-dire : anse sigmoïde très développée, angles coliques au même niveau, eæcum en position haute, anses très mobiles.

— de 2 à 5 ans : on voit apparaître la descente du cæcum dans la fosse iliaque droite, mais l’anse sigmoïde reste très développée.

— de 5 à 9 ans : le cæcum est en position normale, l’anse sigmoïde présente une ampleur moins grande. D’après la statistique de Guerrarp, 10 %, des enfants de cet âge présenteraient déjà le type adulte.

— de 9 à 12 ans : type adulte dans 50 % des cas.

— de 12 à 15 ans : les particularités infantiles ont presque complètement disparu. À cet âge le type adulte se rencontrerait dans 80 % des cas.

L'INNERVATION BU CÔLON

L’innervation du côlon est double. D’une part le système nerveux autonome, de l’autre le système nerveux périphérique.

Le système nerveux autonome est représenté par les plexus d’Auersacu et de Mzisswer, qui sont situés dans la

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paroi intestinale. Les plexus d’Aueracu sont entre Îles deux couches musculaires, longitudinale et circulaire ; tandis que ceux de MeissnER sont sous-muqueux. Îls forment des centres périphériques, et c’est en se propageant successivement d’un de ces centres au suivant, que l’excitation détermine la progression vermiculaire de la contraction. Ces deux plexus sont en connexion, non seulement entre eux, mais avec les fibres nerveuses périphériques.

L’innervation périphérique est elle-même double. Elle est constituée par le système nerveux sympathique et par le parasympathique. Les fibres nerveuses de ces deux systèmes qui arrivent au gros intestin sont mélangées et non reconnaissables macroscopiquement. Le côlon droit et le côlon gauche sont innervés différemment.

Le côlon droit jusqu’à la moitié du transverse est sous la dépendance du sympathique par l'intermédiaire du plexus mésentérique supérieur, formé par de nombreux filets qui se détachent des ganglions senu-lunaires et aorticorénaux. Îl est sous la dépendance du parasympathique par l'intermédiaire du pneumogastrique.

Le côlon gauche, à partir de la moitié du transverse, est innervé par le plexus mésentérique inférieur ; le rectum par le plexus hypogastrique.

Les afférents sympathiques des 2 plexus sont très étendus, ils viennent du plexus imtermésentérique. Ce plexus est formé par des filets venus du plexus solaire et par des rameaux venus des premiers ganglions lombaires. Ils donnent le plexus mésentérique inférieur par des rameaux qui entourent de chaque côté l’origine de l’artère mésentérique inférieure. Puis le plexus intermésentérique se eontinue dans le plexus hypogastrique. Le parasympathique agit par les nerfs pelviens issus des 3€ et 4€ racines sacrées. Pour Dermas, des fibres parasympathiques seraient aussi fournies par le pneumogastrique.

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