ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Le mégacôlon peut se diviser en deux grandes variétés anatomiques suivant que l’ectasie porte sur la totalité du côlon, ou seulement sur un de ses segments. L’ectasie totale est moins fréquente que l’ectasie segmentaire qui groupe 65 %, des cas environ. Dans cette dernière catégorie, c’est, dans la très grande majorité des cas (plus de 50 %), au niveau de l’anse sigmoïde que se développe le mégacôlon.
L’ectasie segmentaire, qui est donc le plus souvent pelvienne, peut être unique. Mais elle s'accompagne assez fréquemment de dilatations d’autres portions du côlon, parfois même de véritables diverticules à poche pédiculée, mais qu'il est difficile d'admettre dans la classification des mégacôlons. Le rectum est presque toujours intact, mais il n’est pas rare cependant qu’il soit touché par la dilatation.
Nous allons prendre comme sujet de description le mégacôlon congénital. Dans les mégacôlons acquis les lésions anatomo-pathologiques sont peut-être moins marquées, mais, que ce soit à un degré ou à un autre, on les y retrouvera toujours à peu près identiques à celles que nous allons décrire en supposant qu'il s'agisse d’une autopsie.
À lPouverture de l'abdomen, le côlon distendu apparaît aussitôt énorme. Il masque tous les autres organes et remplit toute la cavité abdominale. [l peut être de dimensions extrêmement variables : il est le plus souvent allongé mais ce qui frappe avant tout c’est l'augmentation de son dia-
mètre, La dilatation est toujours en effet considérable, elle l’a fait comparer à une cuisse fléchie, un estomac d’adulte. À première vue, les parois du côlon sont hypertrophiées- Ce sont là les trois principales lésions anatomo-pathologiques. Nous les répéterons : allongement, dilatation, hypertrophie des parois, sans lesquelles il n’y a pas de véritable mégacôlon.
Macroscopiquement, on peut les décrire ainsi :
a) La dilatation, capitale, constante, correspondant au signe clinique qui présente le plus de valeur : la distension abdominale. Elle est le plus souvent énorme, variant de 15 à 20 centimètres, calibre normal du côlon, à 50, 60 et même 75 centimètres de circonférence. La capacité varie de même de 1 à 15 litres. Nous savons que cette dilatation est rarement totale et 1l est intéressant de regarder l’union du segment dilaté aux segments sains. Cette transition se fait d’une manière insensible dans la plupart des cas ; pour la résumer en un mot : en entonnoir. Enfin ül est fréquent, ce qui explique bien des constatations cliniques, de voir l’anse dilatée coudée sur l’anse saine et l’adossement des deux segments faire saillie dans la cavité intestinale sous forme d’une valvule semi-lunaire. Mais on ne retrouve en aucun cas, de rétrécissement vrai de l’intestin.
b) L’allongement est lui aussi presque constant, mais toujours moins marqué, en comparaison, que la dilatation, quoiqu’on ait cité des cas où la longueur d’un mégacôlon a pu atteindre ou même dépasser 1 m. 50, ce qui chez l'enfant est un chiffre considérable. Parallèlement à l’allongement colique on constate un allongement du méso, surtout marqué au niveau du côlon sigmoïde. C’est un fait constant chez l’enfant, alors que BEnsauDe a constaté chez l’adulte, rarement :l est vrai, des mésos courts. Ce fait présente une importance capitale si Pon envisage lapplication d’une thérapeutique chirurgicale.
= Po
c) L’épaississement des parois intestinales n’est pas constant, mais sa fréquence est très grande. Plus rarement les parois sont amincies. L'aspect en est typique. La séreuse est nacrée, peut présenter des ulcérations. Les bosselures sont effacées. Les bandes coliques longitudinales ont disparu. Elles ont été étalées par l’élargissement de la paroi et ne sont plus visibles. Lorsqu'on coupe le côlon, sa lumière au lieu de s’affaisser reste béante, ses parois sont cartonnées, dures, friables, grisâtres, d’une épaisseur très grande allant de 2 à 3 millimètres, alors que la normale est 1 mm. 20 environ. Ce qu’on voit de la muqueuse la montre rouge, tuméfiée, souvent ulcérée. L’intestin est tantôt vide, tantôt rempli de matières en assez grande quantité. Enfin le méso est le plus souvent infiltré, épaissi, présentant des signes d’inflammation chronique, avec adénopathie fréquente.
Microscopiquement, si l’on pratique des coupes de la paroi, le premier fait important que l’on observe est que l’épaississement porte surtout au niveau de la couche musculaire circulaire. Les fibres musculaires sont augmentées en nombre et en volume, leur noyau est normal. Entre elles on aperçoit une infiltration de nombreuses fibres conjonctives. La couche musculaire longitudinale est beaucoup moins hypertrophiée, mais l’envahissement conjonctif augmente. La muscularis mucosae est très épaissie comme la sous-muqueuse La muqueuse est complètement détruite en temps qu'éléments épithéliaux, on trouve à la place des fibres conjonctives lâches. À mesure que l’on se rapproche de la séreuse, les fibres conjonctives apparaissent de plus en plus nombreuses, de plus en plus denses. Les vaisseaux sont rares, leurs parois sont normales ou peuvent présenter des lésions d’artérite chronique. Les nerfs et les ganghons du plexus d’Auerbach sont quelquefois atrophiés.
En résumé, on constate done que seules les couches mus-
Re ont conservé TS individualité, tout 1 reste ae infiltré et envahi par le tissu conjonctif sit Det. 1e 2e côlon en un sac épais et fibreux.
Des 2 couches musculaires, la longitudinale est peu sa pertrophiée, tandis que la circulaire l’est au contraire con- sidérablement. ; |