‹ Les Traitements Chirurgicaux Dans Les Mégacôlons De L'EnfanceChapitre 20 sur 59 · I. SYMPTOMATOLOGIE · texte numérisé non relu

I. SYMPTOMATOLOGIE

Nous venons de citer les deux symptômes fondamentaux de la dilatation du gros intestin.

a) La constipation. Dans la très grande majorité des cas c’est le premier signe en date. Elle est constante et présente des caractères bien particuliers : elle est avant tout opiniâtre, elle s’aceroît progressivement.

C’est un signe capital, le plus souvent elle cède aux laxaüifs, aux purgatifs ou aux lavements huileux pratiqués avec une longue sonde. Mais ce n’est souvent qu’au bout de prusieurs jours qu’on obtient une débâcle de matières. Certains malades n’ont une selle que tous les trois ou quatre jours et ce n’est jamais une selle spontanée. Il n’est même pas rare d'observer chez certains d’entre eux des périodes

Le

de constipation pouvant durer une ou plusieurs semaines. OszEr a vu un enfant, qu'il est devenu classique de citer, qui n'avait eu jusqu’à l’âge de 7 ans que cinq ou six selles spontanées. BexsaAuDE et Sorrez ont pratiqué des expériences qui consistaient à faire ingérer un cachet de carmin. Ce cachet n'apparaissait dans les selles que 12, 15 ou même 20 jours après lingestion. Cela explique qu’une telle constipation peut aller jusqu’à l’obstruction ou même jusqu’à l’occlusion complète et nécessiter une intervention chirurgicale d'urgence. Disons tout de suite que le pronostic des opérations tentées dans de telles conditions est d’une effroyable gravité et que le traitement devra à tout prix éviter d’en arriver à ce stade.

Ces périodes de constipation sont entrecoupées de débâcles formidables qui se font parfois simplement et sont d’autres fois très douloureuses, accompagnées de coliques très pémibles. En une seule selle, après plusieurs jours d’obstruction, ces enfants peuvent émettre des quantités invraisemblables de matières le plus souvent dures, scyballiformes, quelquefois plus molles, fragmentées, presque toujours d’odeur nauséabonde. Elles peuvent être enduites de glaires, de mucus ou même de sang, si le mégacôlon s'accompagne de colite ulcéreuse.

En opposition à la constipation il n’y a pas de rétention pour les gaz, qui sont émis fréquemment, en grande abondance et sont toujours d’une odeur infecte.

Suivant que les parois intestinales ectasiées sont plus ou moins saines et opposent aux toxines, secrétées par les fermentations des résidus alimentaires, une barrière plus ou moins efficace, la constipation s'accompagne de signes locaux et généraux dont la gravité varie avec les cas. Les premiers sont des signes d'infection de la muqueuse ; ils se traduisent par des débâcles diarrhéiques entrecoupant les périodes de constipation. Les seconds ou phénomènes généraux sont variables suivant le degré de l’intoxication ;

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