‹ Les Traitements Chirurgicaux Dans Les Mégacôlons De L'EnfanceChapitre 30 sur 59 · PEER LU · texte numérisé non relu

PEER LU

un enfant très affaibli et intoxiqué, c’est la vouer à un échec presque certain.

Nous ne pouvons pas mieux faire, à ce sujet, que de reproduire ce qu’a dit M. Veau à la société de chirurgie en 1925 en parlant du mégacôlon chez l’enfant : « Je suis persuadé que la chirurgie du mégacôlon ne fera des progrès, que le Jour où les médecins nous confieront leurs malades avant les accidents d’occlusion. Mais ils ne le feront que persuadés de linnocuité absolue de l’intervention. Si on excuse la mort d’opérés en état de crise, quand toutes les ressources médicales ont été épuisées, on ne l’acceptera jamais chez des opérés à froid dont les accidents sont minimes ou insignifiants. Qui reprochera au médecin de laisser mourir lentement son malade, quand il sait qu'entre les mains du chirurgien il y a danger de mort rapide. » Et plus loin : « Le traitement chirurgical du mégacôlon doit être pratiqué à froid, avant les accidents subaigus d’occlusion. Mais les médecins ne se laisseront convaincre que le jour où nous aurons prouvé que notre intervention est simple, facile et ne met jamais en danger la vie de l’opéré. »

Depuis ces dernières années de nombreux travaux ont été publiés sur le traitement chirurgical du mégacôlon, travaux exposant des méthodes, des techniques. Les résultats obtenus sont pour la plupart très encourageants et montrent bien la grosse valeur de l’acte opératoire dans les mégacôlons de l’adulte. Mais dans aucun de ces articles ou travaux nous n'avons pu trouver, posé de façon vraiment précise, le problème de l'intervention chirurgicale chez l'enfant. Nous nous proposons de le faire dans cet exposé. Nous poserons d’abord les indications opératoires et étudierons ensuite le traitement étiologique qui a donné de si beaux résultats, avec une de ses formes : le traitement neuro-chirurgical, combattu et peu connu en France, adopté dans tous les pays de langue anglaise. Puis nous passerons en revue, en indiquant nos préférences, les différentes opérations proposées et leurs

techniques pour le traitement des formes compliquées, des formes segmentaires et totales.

En envisageant le traitement chirurgical d’une manière générale, concluons sur la nécessité indispensable d’une préparation très soignée des opérés. C’est seulement dans ce cas, que l’on obtiendra de bons résultats. Elle est parfois très difficile à conduire et dans les ocelusions par exemple on a la main forcée à intervenir immédiatement. Mais même dans d’autres cas où l’on veut opérer à froid on n'arrive pas toujours à vider complètement le côlon. Tel est en effet le but de la préparation pré-cpératoire : vidange complète du mégacôlon. 51 on a le temps nécessaire on y arrive par entéroclyses successives, laxatifs à l'huile de ricin donnés quotidiennement pendant 5 à 6 jours avant l'opération. Grâce à une préparation soigneuse on diminue les risques de l’intervention chirurgicale.

Une autre question se pose avant l’opération celle de l’anes. thésie : nous pensons qu'il vaut mieux, puisqu'il s’agit d’enfants, se contenter d’un seul anesthésique : l’éther qui, administré avec le masque de M. le PT OmBRÉDANKE, ne donne aucun accident.

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