‹ Les Traitements Chirurgicaux Dans Les Mégacôlons De L'EnfanceChapitre 34 sur 59 · TRAITEMENT ÉTIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT ÉTIOLOGIQUE

Le but du traitement étiologique est de supprimer un obstacle, un spasme, un influx nerveux, causes de mégacôlons. Or les théories pathogéniques de cette maladie sont très nombreuses et laccord est loin d’être fait à leur sujet. Pour qu'on puisse parler d’une thérapeutique étiologique, susceptible d’être appliquée à tous les mégacôlons, il faudrait qu’une théorie uniciste soit vérifiée. Ce n’est malheureusement pas le cas et il est parfaitement inutile de l’envisager si l’on admet que la dilatation du côlon est une malformation congénitale qui se produit sans qu'il y ait obstacle au cours des matières. Ce n’est donc pas toujours, que l’on est en mesure d’appliquer un traitement étiologique capable de résultats. Mais 1l existe indiscutablement, comme nous l’avons vu à l’étude pathogénique, de nombreux mégacôlons acquis, résultant d’un obstacle à l'évacuation des matières. Aussi était-il logique d’agir directement sur cet obstacle. Plusieurs auteurs Pont pensé et on a envisagé plusieurs interventions à ce sujet.

PerTHes opéra un enfant de 15 ans porteur d’un mégacôlon dû d’après lui à une valvule ; en réséquant la portion recto-sigmoïdienne du côlon il obtint, paraît-il, la guérison. Nous n'avons pas retrouvé d'observations de cette sorte, mais il est permis de penser que les résections de valvules ne présentent pas un gros intérêt. Si l’on dis-

tingue une valvule d’un rétrécissement congénital, il est évident que les résultats seront différents. En cas de rétrécissement on peut obtenir la guérison, mais il ne s’agit pas à proprement parler d’un mégacôlon véritable. S'il s’agit d’une valvule le fait de la réséquer suffira-t:1l à guérir l’ectasie ? Nous ne le pensons pas puisque, dans la majorité des cas, ce n’est pas une valvule véritable mais un repli muqueux, s’étalant souvent sur un stercorome et dû à la coudure de l’anse mégacôlique sur le rectum. Réséquée elle se reproduirait vraisemblablement sitôt que, le côlon pelvien reprenant sa situation dans le bassin, la phcature recto-sigmoïdienne se reformerait.

Mais si la résection valvulaire ne paraît pas à conseiller on est en droit d'essayer, lorsqu’au toucher rectal on sent un tel repli muqueux étalé sur un fécalome, de le repousser pour provoquer une débâcle. Maracrrano (Obs. V) dit même avoir obtenu par ce procédé une guérison complète, ainsi que dans un autre cas chez un enfant de 3 ans. Cela paraît un peu surprenant.

Beaucoup plus intéressantes, à notre avis, sont les opérations ayant pour but de réduire un spasme sphinctérien (Obs. VI, VIT, VITE, IX). Elles sont d’ailleurs d’une simplicité remarquable et consistent en une banale dilatation . de l’anus. Dans l'observation VIT, Larpennois a obtenu un résultat vraiment extraordinaire. La guérison complète fut acquise par 2 dilatations anales pratiquées à six mois d'intervalle. Cette guérison s’est toujours maintenue depuis de nombreuses années. Nous avons eu l’occasion il y a quelques semaines de soigner par une dilatation anale, un mégacélon sigmoïde en cerise d’obstruction relative avec un résultat immédiat excellent, mais il est trop récent pour qu'on puisse en faire état. Enfin BRreNNEMAN de Chicago signale 6 cas de guérison par dilatation anale manuelle.

Ce mode de traitement a lPavantage considérable de ne présenter absolument aucune espèce de gravité. F. Hunrsr

se A

a obtenu lui aussi de très bons résultats mais il y a ajouté la dilatation pelvi-rectale, quand il jugeait qu'il existait un spasme surajouté au niveau du sphincter pelvi-rectal, Il est bien entendu ‘que lorsqu'on ‘peut la pratiquer la dilatation doit être toujours accompagnée d’autres manœuvres thérapeutiques telles que l’entéroclyse. Il est en effet indispensable de rééduquer l’intestin, sans quoi l’on risquerait de voir disparaître uné amélioration, susceptible de se transformer en guérison définitive, faute d’un traitement surajouté.

Ceci nous amène à parler des échees survenus après un traitement étiologique par dilatation anale simple (Obs. VIT et IX): dans ces cas il s'agissait vraisemblablement de lésions déjà évoluées, caractérisées par une atteinte profonde des parois coliques et ne pouvant regresser du fait d’un tel traitement. C’est pourquoi lorsqu'on voudra le pratiquer, on ne devra le faire que s’il s’agit de mégacôlons au début, c’est-à-dire ceux dont les parois conservent encore une valeur intrinsèque ; la vigueur des iuniques musculaires est alors suffisamment conservée, pour apporter à la dilatation anale l’adjuvant nécessaire à l'aboutissement d’une guérison. Il faut en effet, lorsque l’obstacle est vaincu et l’ectasie vidée, que les parois intestinales puissent revenir sur elles-mêmes. Ce n’est possible que si l'infection est peu importante et l’envahissement des tuniques du côlon par le tissu conjonctif peu marqué. Lorsqu'on est arrivé à un stade plus avancé, seul un traitement chirurgical par exérèse peut agir.

Comme autre forme de traitement étiologique, nous étudierons, d’une façon un peu plus complète, le traitement par chirurgie du sympathique qui est encore assez discuté en France.

RÉ QNEE

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