‹ Les traités de commerce; texte de tous les traités en vigueur, notamment des traités conclus avec l'Angleterre, la Belgique, la Prusse (Zollverein), et l'ItalieChapitre 10 sur 196 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

il entreprend de bloquer sur les mers les vaisseaux de l'Angleterre, chargés des produits de leurs manufactures, mais chargés aussi des denrées coloniales qui sont nécessaires à la vie et des matières premières dont manquaient nos fabriques. Il ordonne et tout est écarté de nos côtes; tout doit l'être aussi des ports de ses alliés, et malheur à qui ose, sur le continent, ne pas rechercher son alliance. L'Angleterre se sent menacée dans son travail industriel qui donne de l'opulence à ses négociants, mais sans lequel ses ouvriers ne pourront pas vivre; elle suscite alors à l'Empire toutes ces guerres d'Autriche, de Prusse, d'Espagne, d'Autriche encore, où nous triomphons presque sans cesse, mais où chaque jour, avec notre sang si glorieusement répandu, s'épuise notre force. Comme il entre en France, malgré toutes les prohibitions, du sucre, du café, du cacao, du coton, l'Empereur institue des cours prévôtales pour juger comme des traîtres ceux qui, en France ou chez les alliés de la France, chercheraient à introduire quelques-unes de ces denrées ou de ces matières de travail, données aux hommes par Dieu, mais qu'il était devenu criminel de croire utiles. Tout ce que sa police atteint, elle l'incendie. Les négociants d'Elbeuf applaudirent quand ils virent que ce qu'on brûlait était du drap, «juste punition, s'écriaient-ils, des forfaits mercantiles de l'Angleterre ! » Ainsi c'était un « forfait » que d'avoir fabriqué du drap et de vouloir le vendre, et c'était unbonheur que de jeter au bûcher l'étoffe qui eut protégé du froid les petits enfants de tant de mères! Jamais peut-être la déraison ne fut si cruelle. L'Empereur ne s'est point blâmé à Sainte-Hélène, et il a déclaré que si à la fin il avait contraint l'Angleterre à la paix on eût oublié vite toutes ces souffrances. Il fallait donc vaincre, et c'est par là qu'il a péri. La liberté commerciale outragée a puni l'outrage de la liberté politique.

Il a péri, en effet, parce qu'il lui a fallu, pour mettre partout des douaniers sûrs, occuper, usurper tous les rivages des mers, prendre Amsterdam après Anvers, Civita-Vccchia après Gènes et Naples, Hambourg ensuite, et alors menacer de la guerre jusqu'à son allié de Tilsitt, s'il laissait une cotonnade anglaise arriver à Saint-Pétersbourg. Pendant que les murmures de la France le forçaient, pour créer une exportation factice, à laisser

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