‹ Les traités de commerce; texte de tous les traités en vigueur, notamment des traités conclus avec l'Angleterre, la Belgique, la Prusse (Zollverein), et l'ItalieChapitre 17 sur 196 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

celui, je crois, de voir les membres du comité de l'uniformité des poids et mesures dont il était président, et il pria notre ambassadeur (c'était M. de Persigny) de s'adresser à lord John Russell tandis que M. Cobden parlerait à M. Gladstone. Une fois celui-ci prévenu, M. Michel Chevalier l'alla voir et, sans lui cacher qu'il n'avait aucun pouvoir, il l'entretint de la nécessité où étaient tous les esprits sérieux de s'unir pour profiter du moment et il lui assura que si l'Angleterre faisait la première quelque chose pour nos vins, on aboutirait cette fois à un traité. Déjà en 1 856 il avait parlé ainsi à lord Clarendon qui se montrait fort disposé à faire les avances nécessaires, mais lord Palmerston avait tout refusé. L'assurance de M. Michel Chevalier décida M. Gladstone qui demanda seulement si la constitution autorisait l'Empereur à conclure seul un traité, et qui, sur la réponse affirmative, promit son concours, et sur l'heure même. C'est lui en effet qui fit disparaître toutes les difficultés. Il offrit de supprimer entièrement les droits sur les articles de Paris et de Lyon et fit espérer une très-forte réduction du droit des vins. M. Michel Chevalier voulait que le gallon ne payât pas plus d'un shelling.

De retour à Paris, M. Michel Chevalier s'ouvre à MM. Rouher etFould, "ses anciens amis, et ensuite raconte tout à l'Empereur. Sur le conseil de M. Cobden qui voulait que le projet de traiter fût populaire en Angleterre et qu'il fût, pour cela, soutenu par des gens populaires, on s'était adressé à M. Bright. Celui-ci, sur la proposition d'un tarif conventionnel dont aucun droit ne dépasserait 30 °/o> jeta aussitôt feu et flamme, et son enthousiasme ne se ralentit plus. Pendant que M. Bright recrutait pour la cause, M. Cobden allait en France et arrivait à Paris presque en même temps que M. Michel Chevalier. C'est un matin de la fin du mois d'octobre, à Saint-Cloud, que l'Empereur avait reçu celui-ci; il reçut M. Cobden le même jour à trois heures et, en donnant son approbation à tout ce qui avait été fait, il recommanda la discrétion pour qu'aucun orage ne survînt. Il était en effet nécessaire de ne donner l'éveil à personne, et quelques-uns des ministres, M. Walewsky par exemple, ne devaient pas être avertis sur-le-champ. Au bout de quelques jours, l'Empereur dit à MM. Rouher et Fould qu'on pouvait commencer les négocia-

Page 1