‹ Les traités de commerce; texte de tous les traités en vigueur, notamment des traités conclus avec l'Angleterre, la Belgique, la Prusse (Zollverein), et l'ItalieChapitre 8 sur 196 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

les matières premières, les modèles, les outils, et qu'il n'y a aucun commerce particulier qui puisse demeurer longtemps prospère si le commerce des autres nations ne se développe pas dans les mêmes proportions. En 1713, quand on signe le traité de paix d'Utrfecht, l'Angleterre est la plus vive à faire supprimer les clauses qui, des deux côtés de la Manche, devaient faciliter l'échange des produits.

Les premiers travaux des économistes eurent pour effet d'attirer l'attention des hommes d'État sur des questions qu'ils n'avaient pas encore comprises, qu'ils n'avaient pas même cru qu'on pût considérer comme importantes, et lorsque les philosophes et les encyclopédistes eurent, de leur côté, fait comprendre à l'aristocratie qui gouvernait encore qu'une nation est composée d'ouvriers et de fabricants plus encore que de courtisans, de prêtres et de soldats, il devint possible de faire un pas en avant. La déclaration de la liberté du commerce des grains fut la première victoire de la science; la suppression des corporations fut la seconde ; mais trop de motifs d'opposition existaient encore pour que d'un même coup fussent écartées toutes les ombres qui voilaient les vérités; et lorsqu'en 1786 fut conclu entre la France et l'Angleterre un véritable traité de commerce, la tempête éclata presque aussitôt.

11 est vrai qu'après avoir prohibé tout, on se hâtait trop de tout accueillir, et que, pour un grand nombre d'industries françaises, le moment n'était pas venu d'être exposées, sans que rien les garantit, aux risques de la concurrence anglaise. La plupart des droits d'importation étaient fixés à 15, à 13 et même à 10 p. 100 de la valeur, et comme il est connu qu'on peut facilement éviter une partie de la charge des taxes, il en résultait pour nos manufactures de tissus et de poterie, par exemple, la menace d'une ruine complète. Nos négociateurs auraient pu mieux prendre leurs précautions, cela est évident, mais le traité n'était pas non plus aussi fâcheux qu'on le prétendait, et en Angleterre on s'en plaignait à peu près comme en France. Les événements empêchèrent d'ailleurs qu'il fut exécuté, puisque, conclu en 1786 pour une période de douze ans, il fut, par le fait de la guerre révolutionnaire, aboli en 1793, et que depuis 1789 on ne s'y conformait plus. C'est le

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