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de ses sujets. Les moines, devant l'impossibilité de remplir leurs obligations religieuses, jugèrent préférable d’appeler à l’aide un prince puissant, même au prix dun grand sacrifice. En 1246, le comte Roger reçut cession de la moitié de leurs biens (75).
Des conventions semblables intervinrent avec d’autres abbayes. A la fin du xrrre siècle les comtes de Foix étaient entrés en pariage avec la plupart des dignitaires ecclésiastiques de leurs Etats (76).
Il est une protection que les' établissements ecclésiastiques recherchent particulièrement : c’est celle de la monarchie. Mettant à profit celte tendance, les Capétiens réussirent souvent à se faire associer par eux dans leurs droits de souverains et de propriétaires.
Louis VII est associé en 1155 par l’abbaye Saint-Jean de Sens dans toutes ses possessions de Chéroy, Voulx et Lixi (77), En 1165-1166, il prend sous sa protection la ville de Saint-Pierre-le-Moutier appartenant à l’abbaye de Saint-Martin d’Autun et reçoit en partage la moitié des revenus (78 et 79). Avec l’abbaye de Cluny, il contracte un pariage pour Saint-Gengoul. L’évêque de Macon l’associe à la possession de plusieurs localités, notamment Verizet, Prissé et Crèches (1171-1172) (80). En
(75) Gallia, XIII, instr., p. 161. — Cau D’UrBan. Texte p. 105 ss. « Intuentes statum miserie atque penuritatis monasterii supradicti.. prave et perverse nationis longissimo stimulo cohortante..… quod melius est sub tuitione alterius principis, de bonis monasterii pro praestanda defensione etiam parte aliqua assignata, vivere quam alibi fugere ».
(76) F. Pasquier. Les paréages entre seigneurs laïques et ecclésiastiques dans le comté de Foix, au XIIIe s., Bull. phil. et hist., 1889,
ï (77) Ord. XI 203. Lucnamme. Histoire II, p. 188, note 3. Cette charte générale fut confirmée par des chartes particulières. En 1155 pour Chéroy (Prou, p. 269; Quanrin, I, 532). En 1169-70 pour Voulx (Lucxarre, Etudes, n° 563). En 1176-77 pour Lixy (Lucnaire, Etudes, n° 697; Quanni, II, 287).
(78) Ord. VII 266. Lucnarre, Etudes, n° 519. Histoire, II, p. 188, note.
(T9) Vayssière, p. 265. — Gui Coquize, Histoire du Nivernais. Paris, 4622, p. 862. Buzuior (Essai hislorique surr l’abbaye de Saint-Martin d’Autun, t. 1, Autun, 189, p. 214) y voit une transaction entre le roi et l’abbaye à la suite de litiges. Cependant le texte n’en fait pas mention.
(80) LucHame : Histoire, II, 189, note 5. Etudes, n° 611, et texte p. 438. « Stephanus episcopus et tota Matisconensis ecclesia diutinis guerris valde afflicta ad nos confugerunt, nostrum humiliter requirentes patrocinium et pro bono et quiete ecclesie nos receperunt in villas suas ».
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1178-1179, le chapitre de Saint-Martin de Tours met sous sa garde la localité d'Aubigni et lui cède la moitié de Ia justice (81), etc.
Ph. Il pratique cette politique avec encore plus d'ampleur. S'il use volontiers du procédé de la garde qui étend largement son influence, il préfère le pariage plus productif et tâche d'y amener les abbayes (82) C'est la condition qu'il met souvent à l'octroi de sa protection.
En 1181, il contracte avec les moines de la Charité pour Valigni (83). La ville de Cusset en Auvergne était désolée par les ravages des gens de guerre. L'abbaye, seigneur de la ville, implora la protection de Ph. II et pour augmenter sa sollicitude lui concéda la moitié de la justice et de divers autres revenus dans Cusset et les environs (84) En 1186-1187, des traités de pariage interviennent avec le monastère de Flavigny pour Couches, en Bourgogne (85) et avec l’abbaye de Saint-Martin d'Autun pour Anzy-le-Duc en Brionnais (86) En 1187, le couvent de la Charité-sur-Loire l’associe dans tous ses biens à Dixmont (87. Deux ans plus tard, toujours à la condition du pariage, il prend sous sa protection la villa d'Escurolles, en Auvergne, appartenant à l’abbaye de Cluny (88). De semblables traités d'association sont conclus avec Saint-Martin de Ruricourt pour Wasquemoulin (1190) (89); avec le monastère Saint-Laurent de Longrette pour divers biens (1192) (90); avec
2. Lucuaire : Histoire, II, 189, note 4, et Etudes, n° 752 (bibl. et 12) Sur les sauvegardes et pariages de Philippe II, voir Diprer, p. 115-
(83) Derisre : Catalogue n° 30. — DecasorDr, n° 34, p. 45. — VayssiÈèRE, p. 266 et 269 (T.).
(84) Derisie, n° 106. — Derasorpe, n° 117, p. 145. Voir sur les motifs du pariage, Ord. IV, 205 et X, 58.
(85) Decasorpe, n° 188, p. 225.
(86) Ibid. n° 189, p. 221.
(87) J., 397, n° 1. — Teurer, 1, n° 348, p. 148. — Prou, p. 309, n° XXII — :Derisce, n° 205, p. 248 —Ord., XI, 251. / NAS Pissrer. Etudes historiques sur Dixmont. Bulletin de la Société des sciences de l’Yonne, t. LXI, p. 234.
(88) Bruez, V, n° 705. — Vayssière, p. 265 et 268 (T.). Bibl. Cluniacensis, c, 1489. — Ord., XI, 261. — Derasorne, n° 253, p. 306, « ex prosecutione hostili vastatam et destructione proximam ».
(89) J., 397, n° 3. — Teurer, I, n° 383. — Dérrsce, Catalogue, n°S 295-296. — Derasorpe, n° 330, p. 399.
(90) Derisre, Catalogue, n° 374 — J. 781, n° 3. — Teuzer, I,
n° 400, p. 169. « Dominus rex nos cum universis rebus nostris, in custodia sua suscepit et defensione ».
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le couvent de Plainpied pour les villas de Colobrium et Lauriacum (1200) (91), etc.
Le mouvement se développe largement. En octobre 1204, Ph. IT annonce qu'il prendra en garde tous les villages de Bourgogne dont les seigneurs l’associeront à leurs droits (92). Le pariage devient la forme ordinaire de la protection royale.
(91) J., 397, no 5. — Teurer, I, n° 604, P'2229: (92) Derrsce, Cat., n° 865.