LE PARIAGE ET LES GRANDES SEIGNEURIES ECCLÉSIASTIQUES MÉRIDIONALES
Nous avons vu dans le chapitre précédent que souvent les traités de pariage ont eu pour cause la difficulté qu'éprouvaient les seigneurs ecclésiastiques à se faire obéir de leurs sujets. Ce besoin de protection a pris une importance particulière au xr1e siècle dans beaucoup de grandes seigneuries ecclésiastiques méridionales. D’autre part, leurs titulaires se sont souvent trouvés en butte aux attaques plus ou moins ouvertes dirigées contre eux par les haut seigneurs laïques. En face de ce double péril, ils ont cherché dans le pariage avec le haut seigneur à la fois une solution de leurs litiges avec lui et une protection contre l’insoumission de leurs sujets. Il y a eu deux ordres de problèmes parfois séparés; mais souvent étroitement liés, ce qui fait que nous les réunissons dans la même étude.
De ces grandes seigneuries, quelques-unes appartenaient à des abbayes et cela à des titres divers, parfois donation, le plus souvent parce que la ville avait dû son origine à l’abbaye.
Le plus grand nombre étaient des seigneuries épiscopales. En beaucoup d'endroits, les évêques avaient réussi à devenir chefs temiporels d'une partie plus ou moins grande de leurs diocèses, tout au moins de leurs villes épiscopales.
Les origines de ce pouvoir temporel, assez obscures, paraissent avoir été très diverses.
Au premier plan interviennent les concessions régaliennes, donations impériales ou royales. La seigneurie de l’évêque du Puy sur la ville eut pour fondement une donation de 924, par laquelle le roi Raoul conférait à l’évêque tout le bourg