LES MOBILES ET LES RÉSULTATS POLITIQUES DES TRAITÉS DU PARIAGE
SECTION I
La portée politique du pariage.
Nous avons déjà montré dans les chapitres précédents combien les hauts seigneurs ont recherché le pariage avec les seigneurs laïques inférieurs et les établissements ecclésiastiques. Ces associations, qu’elles eussent pour objets des lieux déjà existants ou des fondations de nouveaux centres, étaient pour eux une source importante de revenus.
L’utilité d’un pariage ne se mesure d’ailleurs pas uniquement à la part de revenu qu’il procure. Quand un haut seigneur entre dans une association il y prend rapidement une influence prépondérante, soit par les clauses qu'il fait insérer à son profit, soit simplement par l’ascendant de sa puissance. Le lieu semble lui appartenir, faire partie de sa domination.
La recherche des pariages a été ainsi une des formes de la politique domaniale basée sur l’acquisition de terres et de droits qui est restée longtemps la base de toute puissance réelle.
Au xrre siècle, la plupart des seigneuries importantes sont formées de domaines dispersés. L’effort des hauts seigneurs tend à les grouper, à les souder territorialement. Quand des domaines ecclésiastiques forment enclaves, une association fournit souvent le moyen de les faire entrer dans leur sphère
d'influence.