‹ Les Traités de Pariage dans la France FéodaleChapitre 24 sur 58 · ADO · texte numérisé non relu

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au cœur même de la puissance champenoise par la conclusion d'un traité de pariage avec l’abbaye de Molesme (35).

Et tandis que Louis IX continuait ainsi la politique capétienne, son frère Alphonse de Poitiers allait lui donner dans ses domaines du Languedoc une ampleur toute nouvelle.

SECTION III

La pénétration capétienne dans le Languedoc et la politique des traités de pariage.

L’acquisition du Languedoc a été probablement l’œuvre la plus importante de la dynastie capétienne. C’est grâce à elle que la royauté est sortie des pays du Nord et du Centre et a constitué vraiment la France.

Par le traité de Paris de 1229, Raimond VIT cédait un certain nombre de ses domaines à la royauté. Les autres devaient constituer la dot de sa fille Jeanne, fiancée à Alphonse, frère du roi. À la mort d'Alphonse, ils allaient échoir à la monarchie (36).

L’assimilation de cet ensenble imposant était pour le pouvoir royal une tâche difficile. On se trouvait en présence de pays de langue et de civilisation différentes, de pouvoirs locaux solidement implantés, de villes puissantes et indépendantes (37).

La monarchie devait à la fois y implanter son autorité et y fortifier ses revenus. C'était une œuvre de longue haleine. Pour accroître sa puissance, elle a employé les procédés habituels des grands seigneurs : achats, échanges, confiscations, fondations (38), etc. Mais la politique des traités de pariage a joué ici un rôle de premier plan (39-40).

(35) Dinier, p. 178, pièce n° 17 (autorisation de l’évêque de Langres). Ce traité fut effectivement conclu (v. D’Arsois, V, n° 2571; le prieur de Saint-Quentin de Troyes reconnaît que l'association établie entre le roi de France et l’abbaye de Molesme a été faite sans son assentiment ni concours). Mais il ne semble pas avoir été mis en application.

(36) Bouraric : Saint Louis, p. 39.

(37) Ibid., p. 15.

(33) Docnon, p. 21.

(39-40) Loncenon : Unité, p. 158. « L'influence immédiate du roi se développa au moyen de pariages, et par des fondations de bastides qui presque toujours étaient accompagnées de pariages ». — Voir H. L XII, p. 335.

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