‹ Les Traités de Pariage dans la France FéodaleChapitre 26 sur 58 · SN TE · texte numérisé non relu

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une de ces parts à la royauté pour obtenir le concours de ses agents.

Ainsi, en 1271, les coseigneurs du château de Bâne (diocèse d'Uzès) s'associent le roi pour une huitième partie indivise. Le juge royal d'Uzès deviendra leur juge commun pour le château et son mandement et leur prêtera serment de fidélité (61).

Le 18 janvier 1274, au château de Roquemaure, les coseigneurs de Nâves, désirant pour leur utilité et celle de leurs sujets faire administrer la justice dans leur territoire suivant la forme des cours royales, cèdent à Philippe III la cinquième partie des juridictions, leudes et foires du mandement de Nâves (62). La royauté s’installait ainsi solidement dans ce coin de l’'Uzège, aux portes mêmes du Vivarais (63).

En 1316 c’est la huitième partie de toute la baronnie de Haute-Rive que les coseigneurs concèdent à Philippe V dans les mêmes conditions (64).

L'association royale apportait la sécurité, une organisation administrative supérieure, souvent d’auires privilèges (65). Les seigneuries en pariage avec la royauté jouissaient d’une situation privilégiée qui y attirait les habitants et procurait un accroissement notable de revenus.

La ville d’Auch était divisée en trois quartiers appartenant respectivement à l'archevêque, au comte d’Armagnac et au prieuré de Saint-Orens d’Auch, dépendant de l’abbaye de Cluny;

(61) Ménan», 1, 347 (analyse) et instr., p. 95. « Quod judex Uzetici superioris in perp" qui pro tempore fuerit sit judex et notarius communis curie predictorum pareariorum castri de Bana et ejus mandamenti ».

(62) Ménarp, I, p. 356 et instr. LXXII, p. 100. « Desiderantes et quamplurimum affectantes, pro sua et subjiectorum suorum necnon et pariorum suorum infrascriptorum utilitate curiam castri de Navis et totius mandamenti regi et gubernari juxta modum et formam curie domini regis, juxta quam.…. regere consueverunt suas curias curiales domini regis ». Voir Tazcow, Histoire de la ville des Vans, Privas, 1884, p. 21-29 et p. 161 T.

(63) Recné : Histoire, II, p. 79.

(64) Ord. XII, p. 421 s. « Racione dicti Pariagii concesserunt dicto domino nomine regis octavam partem totius juris quod habent vel habere debent in jurisdictione alta et bassa ac baronie ejusdem et emolumentis ».

(65) En juillet 1312, les coseigneurs de Lunas ayant associé Philippe IV à la juridiction haute et basse de leur château, le sénéchal promet de faire concéder aux habitants des franchises aussi étendues que celles de toute autre ville royale du diocèse d'Agen; « tam bonas et liberas libertates et consuetudines seu meliores quales in una de bastidis predicti Regis Agennensis dyocesis ». Ord. XII, p. 397.

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situation qui entraînait de nombreuses rivalités. Au milieu du x siècle l'archevêque et le comte se liguèrent contre le prieuré (66) Les religieux ne pouvant lutter seuls, songèrent à appeler à leur aide la royauté et ils rédigèrent à cette occasion (vers 1297) un curieux mémoire qui nous renseigne sur les multiples avantages que pouvait apporter à un seigneur le pariage royal (67) Les religieux invoquent l'utilité publique, l'ordre devant être bien mieux assuré par l'intervention royale. Ils exposent que la cité d'Auch est une des plus riches et que si le roi y avait part, elle deviendrait rapidement, d'après l'opinion commune, la meilleure du Toulousain et du Bordelais. La moitié de leurs biens est évaluée à cinq cents livres. Par suite de l'association du roi, elle en vaudrait en cinq ans plus de mille (68).

‘Le sacrifice d’une part qu’entraîne le pariage est donc compensé par les avantages qu'apporte l'association royale. Les seigneurs prennent leurs précautions pour que cet appui leur reste; ils stipulent que la part concédée à la royauté sera inaliénable et demeurera toujours unie à la couronne.

Si ces avantages ne paraissaient pas suffisants pour entrainer une offre de la part des seigneurs, la royauté pouvait cependant obtenir un pariage de leur part en leur assurant une compensation convenable. Chacun y trouvait son intérêt.

En 1308, à la fin de leur longue querelle, Philippe IV et l’évêque de Pamiers, Bernard de Saisset, s'accordent pour conclure un pariage (69) Le 29 juin, Guillaume de Nogaret reçoit cession, au nom du roi, de la moitié des justices et droits du monastère dans les faubourgs de Pamiers, le village des Allemans et une trentaine d’autres châteaux et villages (70). En échange, le roi promettait un dédommagement con-

(66) Curir-Srimsres, Revue d'Aquitaine, 1868, p. 129.

se Texte C. S., Ibid., p. 174 s.; J 392, n° 128, publié par Gary, P. S.

Voir Canero, Le prieuré de Saint-Orens d’Auch, Revue de Gascogne, IX, 1868, p. 148 s. Texte p. 256 s.

(68) La proposition aboutit non à un pariage mais à un échange. J. 295, n° 49. En 1330, l’archevêque d’Auch entre en pariage avec Philippe VI. « Comme nostre amé et féal l’archevêsque d'Âux nous ait accompaignié à toute la juridiction haute et basse qui à lui appartient. Nous pour sûreté et profit dudit accompaignement ». J. J. 77, fo 197 v.

(69) Renan, Revue des Deux Mondes, 1872, II, p. 620.

(70) H. L., IX, p. 309 et notes 4et 5, — et H. L., X, 153 s. CDR

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