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venable qui serait fixé par des arbitres choisis en commun (71). Ce fut l’origine de la viguerie royale des Allemans (72).
La royauté put ainsi, par ce procédé, entreprendre des œuvres importantes. ,
Prenons par exemple le pariage conclu en 1309 entre Philippe IV et le vicomte Amaury de Narbonne (73). IL fut dû au désir de Philippe IV de contribuer à l'expansion économique du Languedoc par la construction d’un port de mer (74). Après de multiples informations, on décida de choisir le lieu de Leucate et on en fit l'acquisition. Il fallait en outre à proximité un centre pour la concentration et l'expédition des marchandises. La ville de Narbonne pouvait jouer ce rôle. Mais la seigneurie en appartenait au vicomte Amaury, vassal sur certains points de l’archevêque. IL était nécessaire pour la royauté dy pénétrer (75) Moyennant une grosse compensation, la cession-de plusieurs localités du Minervois, Amaury accepta la conclusion d'un traité de pariage. Le 7 avril 309, il cédait au roi la moitié par indivis de la juridiction haute et basse dans la cité et le bourg de Narbonne, le territoire de Livière et l'étang de Narbonne (76) etc.
Autre exemple fourni par St-Paul-Capdajoux. [ei les négociations traînèrent en longueur. Commencées en 1398, elles furent longtemps arrêtées par la détermination de la compensation à
(71) H. L., X, p. 135, « infra tres annos a data presencium numerandos, prefato episcopo et dicte ecclesie sue et capitulo illam recompensacionem dabimus et assidebimus pro predictis », et p. 155, « ad arbitrium proborum virorum eligendorum a nobis et ipso.…. priusquam de rebus traditis aliquid percipiamus exinde ».
(72) H. L., XII p. 327. L'Histoire du Languedoc considère ce pariage comme ayant subsisté jusqu’à la Révolution. Cependant, au XVIII s. on pensait que l’acte de 1308 n’était qu’un projet n'ayant jamais reçu exécution (G 8 2526, f° 320). Il a certainement fonctionné ; il existait en 1322 (Sentence du 13 juillet concernant Vidal Foucaud, viguier du pariage des Allemans. Jugés VI, 332). Peut-être était-ce un pariage temporaire. C’est ce qu’indiqueraient les mots « ad tempora faciendam ». HASES EX 2155
(73) J. 337, Narbonne, n°S 13-14. Voir, sur ce pariage, J. Recxé, Amauri, p. 119 à 142. Texte, p. 319 s.
(74) H. L., IX, p. 313.
(75) Ad quam dicti mercatores et alii cum rebus et mercibus suis libencius declinabunt ». Recné, Amauri, p. 380.
(76) Le pariage fut rapidement mis en exécution (H. L., IX, 315, note 3} et la construction du port poussée hâtivement. Mais pour diverses raisons, elle fut ensuite abandonnée et le pariage rétracté en 1322. (Doat, 253, fo 927).