‹ Les Traités de Pariage dans la France FéodaleChapitre 9 sur 58 · LAN A · texte numérisé non relu

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droits, elle impose également des obligations au seigneur laïque qui bénéficie du pariage.

Fréquemment, il donne des compensations. En 1160, Eudes, duc de Bourgogne, est associé par Saint-Bénigne de Dijon à sa villa de Grandmont. En retour, le duc communique aux moines tout ce qu'il pourra acquérir en ce lieu (53). En 1176, l’abbaye de Saint-Germain d'Auxerre s'associe le comte de Sancerre dans sa terre de Ponnessant. Mais le comte devra effectuer seul certaines dépenses et les acquisitions ainsi faites deviendront communes (5).

Ou bien le seigneur laïque s'engage à effectuer des travaux, à instituer des marchés, etc... (55) Le traité de pariage est une convention où beaucoup de clauses peuvent trouver place (56).

En dehors même de toute clause précise, la simple association d'un haut seigneur apporte une valorisation certaine à la seigneurie. En 1215, le chapitre Saint-Martin de Tours s'associe Eudes de Bourgogne dans sa terre de Broisse. Après son décès et celui de son fils, la terre reviendra de plein droit à l’abbaye avec toutes les améliorations qu'y aura apportées l'association conclue (57).

Le traité de pariage ne présente pas toujours, tant s’en faut, le caractère de sacrifice qu’on serait tenté de lui attribuer.

Remarquons d’ailleurs que l'habitude de l'association est

(53) Gallia IV instr., p. 180. « Dux etiam incommunicavit monachis quicquid in eadem parrochia quolibet modo deinceps acquisierit. »

(54) Quanrin, II, 277. « Quicquid vero ipse (comes) in predicta potestate acquisierit, propriis sumptibus faciet et monachi medietatem habebunt. »

(55) À Saint-Saturnin du Port, le comte concède des foires et des marchés. « Ego concedo ïillis et laudo nundinas et mercata et omnia commercia in quibus lucrari et negotiari possint ». Gallia, VI, instr.,

Ë (56) Nous traiterons ce point plus amplement dans la seconde artie.

: (57) « Post decessum vero nostrum eadem terra cum omni melioratione sua et cum omnibus per nos ibidem acquisitis ad Ecclesiam pleno jure revertetur ». PLancuer : Histoire de Bourgogne, I, 383.

ponte

extrêmement répandue au moyen âge, dans le monde laïque, ef, plus encore, dans le monde ecclésiastique (58).

Les communautés monastiques se réunissent par filiation sous le gouvernement d’une même maison. D’une maison à l’autre, elles passent des traités de confraternité qui mettent en commun non seulement des avantages spirituels mais souvent des biens temporels, établissant de véritables sociétés de secours mutuels (59).

Elles associent à leurs prières et à leurs œuvres les personnalités laïques dont elles veulent s'assurer l'appui (60) En cas de danger, elles leur concèdent facilement une partie de leurs revenus pour les intéresser à leur puissance. Ainsi Aton II, abbé de Lézat, voyant les seigneurs laïques s'emparer impunément des biens du monastère, s'adresse au comte de Carcassonne, Raimond-Guillaume et lui abandonne la moitié des biens qu'il fera restituer (61).

Les seigneurs laïques s'associent eux-mêmes les abbayes pour obtenir leur reconnaissance. Louis VII, en 1173, cède à l’abbaye de Fleuri la moitié indivise du village du Moulinet (62).

Ces habitudes d’association contribuent certainement à expliquer que, même en dehors de grands périls, les abbayes aient eu si facilement recours à l'association par pariages avec les personnes de la classe féodale (63).

Le pariage, instrument de protection, a connu aux x et xine siècles, un grand développement. « C'était alors une chose

(58) Sur le rôle de l’esprit d'association au Moyen Age, voir Lu-

CHAIRE : Les Communes françaises à lé. des 1 L Re LÉO franc époque des Capétiens directs, (59) Lucname : Manuel, p. 98. — Voir par exemple (Quanrin, I,

p. 531), l’association des moines de Saint-Pierre le Vif de Sens et ceux de Haut-Viiliers ; et JA. L., VIITI, c, 1879 (L'abbaye de Grandselve et celle de Condom décident de mettre en commun leurs biens spirituels et temporels).

(60) Ainsi Guillaume abbé de Lure associe Blanche de Champagne + pie du Hate « Quia bona intentione et maxima devoone beneficiis domus nostrae postulatis ociari È ë plissima Collectio, Paris, 1724, rs 1120. RP A

Fe 5 L., IV, 489.

62) Lucnamme : Histoire, Ii, 189, et p. 328, no 17 (T

(63) Lucname : Les Communes, p. 37. is

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