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LA FÉODALITÉ ET LE DÉBUT DES MONARCHIES ABSOLUES

Le commencement du Moyen-Age n’est qu’une succession de guerres; l’idée dominante c’est le droit du plus fort. Ces débuts ne font pas distinguer cette époque de l’Antiquité. Des guerres extérieures entre les petits Etats, qui cherchent leurs éléments et leurs formes ; guerres intérieures entre les diverses parties du territoire national, entre les feudataires de la couronne; guerres civiles entre les habitants d’un même Etat. Laurent a défini cet état de choses : « La guerre est la loi d’une féodalité. »

De ce chaos surgirent des principes nouveaux. La religion chrétienne est appelée à jouer un rôle très important dans les relations internationales. Ayant une organisation forte, elle cherche à imposer sa doctrine, qui est contraire à un état permanent d’hostilité. Plusieurs usages barbares sont supprimés par des conciles, qui sont de véritables congrès où siègent les rois et les princes, sous la direction de l'Eglise Catholique (1). La Trêve de Dieu, institution établie et maintenue, avait pour but d'empêcher temporairement les violences des seigneurs féaodaux.

:« Dans le Moyen-Age, où il n’y avait point d'ordre social, la Papauté seule, dit Ancillon, sauva peut-être l'Europe d’une entière barbarie ; elle créa des rapports entre les nations les plus éloignées; elle fut un centre commun pour les Etats isolés. » (2).

En tant que doctrine, la Religion chrétienne réclama à

(1) -Paul Fauchille : Op. cit., p. 72.

(2) Tableau des Révolutions de LEUrOpe step 7 0r ELU T.

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ses débuts la liberté de pensée. « Ce n’est pas au nom et dans l'intérêt d’une autorité jalouse que le catholicisme naissant réclame la dictature de la conscience, c’est par charité » (1). Car, seule la liberté de conscience pouvait assurer une-vie supportable devant la politique romaine. Devenu religion d'Etat, le christinaisme avait comme mission la propagation et le maintien de la doctrine chrétienne. En face de la faiblesse de l'individu, l'Eglise est libre d'empêcher tous les moyens d'action si disproportionnés qu’ils soient. « Le droit n’est plus regardé comme étant dans l'individu, mais en dehors de lui et dans l’autorité; le pouvoir venant de Dieu n’a pas de limites... L'idéal, tel que le comprend la théocratie du Moyen-Age, c’est l’absorption de l’homme et de la société dans le plan divin interprété par l'Eglise » (2).

Malgré que les droits individuéls ne fussent pas reconnus, au Moyen-Age, il existait certaines institutions propres à assurer aux individus minoritaires et surtout aux Juifs, une protection plus où moins grande.

Si le droit de l'individu ne pouvait être opposé à l'Etat, il en était autrement des collectivités.

Des groupements professionnels, ainsi que les communautés juives, jouissaient de privilèges (3) dont le respect était considéré comme une loi fondamentale de l'Etat. Par la même la toute puissance de l'Etat était limitée.

Cette autonomie accordée aux groupements constituait l'exercice de certaines prérogatives de la souveraineté,

(1) Beudent (Ch.) : Le Droit individuel et lÉtatap 10neterl

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(3) Le fait que les Juifs, dans tous les pays, habitent un quartier spécial ne peut pas être considéré comme une persécution, comme ils en ont la prétention. Au début c'était un privilège. À ce sujet voilà ce que nous dit M. Flavien Brenier dans son ouvrage Les Juifs et le Talmud : « Puissants établissements, en effet, que ceux des Juifs, qui formaient parfois, comme à Alexandrie le tiers de la population, et qui avaient, presque partout obtenu le droit : 1° d’habiter un quartier spécial (les ghettos, sur lesquels on a tant gémi, viennent de là, et furent à l’origine un privilège) ; 2° d’être déchargés de certains impôts; 3° d’être administrés et jugés par des magistrats de leur nation, qu’ils élisaient librement eux-mêmes. »

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limitées plus ou moins clairement par la charte de concession : créer la législation, organiser les tribunaux, administrer la justice et assurer même l'exécution des sentences de ses juges, percevoir l'impôt et envoyer des représentants qui traiteront avec l'Etat.

Avec une religion si exclusiviste et avec leur fanatisme intransigeant, les Juifs ont pu résister à l'assimilation et ont conservé entièrement leur race, leur langue, leur culte, leur mentalité particulière et surtout leur esprit de solidarité.

Dans l'Etat ils étaient des étrangers. Individuellement le Juif était juridiquement inexistant. C’est donc dans la vie corporative qu'ils ont trouvé certains avantages, car seule la communauté était prise en considération par PEtat. Inassimilables, à cause de leur exclusivisme religieux, les Juifs devaient payer au souverain un tribut

annuel en échange d’une autonomie assez étendue en matière religieuse, scolaire, charitable et judiciaire.

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