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Largeur de l'ornière dans les courbes

M. Raillard a calculé la largeur que doit avoir l'ornière du rail, dans les courbes d'un rayon déterminé, pour éviter le frottement du boudin des roues contre la face opposée de la rainure. Cette largeur doit être d'autant plus grande que le rayon est plus petit. Si on suppose un car monté sur des roues ayant un diamèlre de m. 726, des boudins de 15 millimètres d'épaisseur^ et un écartement d'essieux de 1 m. 55, on trouve par la formule de M. Raillard, qu'il faut que l'ornière ait une largeur de m. 0276, pour que la partie plongée du boudin ne vienne pas frotter contre la face intérieure de la rainure, ce qui est à craindre avec des essieux parallèles et des roues calées sur ces essieux. Pour un écartement d'essieux de 1 m. 70, les autres données restant les mêmes, il faudrait que l'ornière présentât une largeur de m. 0288. Le décret du 6 août 1881 autorisant la cote de m. 035 pour la largeur d'ornière dans les parties courbes, on voit que l'on n'a pas à redouter le frottement signalé plus haut, et que l'écartement d'essieux de 1 m. 70 ne doit pas être considéré comme un maximum.

Quant au frottement du mentonnet contre la surface extérieure de la rainure, on comprendra, si l'on se rappelle ce que nous avons dit à cet égard, qu'il peut être atténué en élargissant la voie d'une quantité qui doit être déterminée par l'expérience, ainsi que le fait remarquer M. Raillard, et qui dépend de l'ornière.

Si le contre-rail est plus bas que le rail, comme cela a lieu sur quelques tramways belges, il faut prendre garde que, dans les courbes raides, le boudin de la roue en s'avançant vers l'axe de la voie ne sorte de l'ornière. En Belgique, cela est moins à redouter, parce qu'on emploie des rails spéciaux pour la courbe ; mais sur certains tramways où le rail de la courbe en-

térieure est le même que celui des alignements droits, avec un conlre-rail plus bas que lui, on a été obligé, pour maintenir les cars sur la voie, de porter la saillie du boudin de 13 et 15 millimètres qu'elle est ordinairement à 17 millimètres ; on ne laisse ainsi que 6 millimètres entre le fond de Fornière et le dessous du boudin.

104, Minimum de rayon pour les courbes

de Tramixrays.

Les besoins de ^exploitation, récartement des essieux, et certaines conditions inhérentes à la construction des cars, obligent les Compagnies de tramways à proscrire des rayons do courbure trop raides.

Cependant, en Amérique, le rayon descend quelquefois à 10 mètres (fig. 36). En Angleterre, on considère 12 mètres comme un chiflEre qu'il ne faut pas réduire. En Belgique, le minimum est de 14 mètres. A Lille, le rayon des courbes posées jusqu'à présent n'est pas descendu au-dessous de 16 mètres.

Les courbes de 20 mètres posées à Paris à l'origine des tramways ont dû être changées.

En général, il ne faut pas admettre de rayon au-dessous de 2a mètres. Pour les courbes dont le rayon est inférieur à 40 mètres, il faut employer un rail à ornière et un rail plat, ainsi que cela se pratique en Amérique, en Belgique, etc.

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